Après une pause forcée de deux ans, Les Amis de la montagne ont repris leurs tâches traditionnelles de nettoyage, l’occasion pour eux de prendre le pouls du Mont-Royal, frappé par le lourd trafic pandémique.
Posté hier à 22h51
Presse Vincent Larin
Le dimanche, 9 h, le pré de Tiohtià : parc ke Otsira’kéhne, aussi connu sous le nom de Sommet d’Outremont, est bondé. Une centaine de bénévoles venus prêter main-forte aux Amis de la Montagne ont reçu des gants, des grappins et des seaux.
Cette année, en plus, bien sûr, de collecter les déchets omniprésents dans le parc, comme chaque printemps, nous souhaitons étudier certains phénomènes qui affectent la montagne, certains naturels, d’autres un peu moins.
“Nous observons : y a-t-il des éléments de vandalisme, des arbres endommagés, la présence d’un papillon gitan [insecte ravageur qui dévore le feuillage des arbres] “, Dit la directrice générale des Amis de la Montagne Ellen Panayotti.
L’organisme tente d’étudier un autre phénomène inquiétant, l’état des buissons du mont Royal.
Si vous vous promenez dans le parc, vous verrez qu’il n’y a rien sous les arbres, il n’y a pas de relief. Les arbres sont beaux, la forêt a l’air saine, mais un biologiste vous dira : « Rien ne se passe ».
Hélène Panaïoti, Directrice Générale des Amis de la Montagne
Une fois toutes ces données recueillies, elles seront fournies à la ville de Montréal sous forme de rapport et de recommandations dans l’espoir qu’elle agira pour prévenir la dégradation du parc.
La question est “l’équilibre entre la présence humaine et les besoins de la nature”, explique Ellen Panayotti. Pendant la pandémie, “tout le monde est venu au parc et toutes sortes de nouveaux sentiers sauvages ont été créés, les points d’entrée dans le parc se sont multipliés et nous voulons vraiment le documenter là-bas”, a-t-il ajouté. – Elle.
Épidémie de “sentiers sauvages”
C’est loin d’être anodin, la multiplication de ces “sentiers sauvages” peut entraîner une dégradation précoce de la montagne, rappelle le conseiller scientifique des Amis de la montagne depuis plus de 30 ans, Eric Richard.
“C’est surtout dans les sections raides, dans les zones où la pente est légèrement plus importante. “Chaque fois que quelqu’un prend un raccourci, cela crée facilement de l’érosion, de nouvelles routes”, explique-t-il.
Ils doivent craindre des conséquences à long terme, a ajouté le conseiller, surtout dans un milieu comme le mont Royal, où le couvert forestier est parfois mince et le sol rocailleux s’élève.
On peut aider la végétation à repousser, mais plus le sol est compacté, plus il est défavorable à la régénération de la forêt. Il va falloir faire plus d’efforts pour déplier, planter, alors que si le milieu était en bonne santé, il se régénérerait.
Eric Richard, conseiller scientifique des amis de la montagne
Évidemment, toutes les zones de la montagne ne sont pas autant touchées. Parc Tiohtià moins fréquenté : ke Otsira’kéhne s’en tirera plutôt bien, tandis que le parc du Mont-Royal et notamment les abords du belvédère Camillien-Houde sont assez durement endommagés.
En savoir plus
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23 % Augmentation du nombre de kilomètres de sentiers informels dans le parc du Mont-Royal de 2019 à 2020. Sur les 65 km de sentiers du parc, 64 % seraient informels.
Source : Amis de la Montagne
Superficie de 750 hectares du site patrimonial du Mont-Royal, dont 423 hectares (ha) sont composés d’espaces verts et de milieux naturels. Ce nombre comprend une quinzaine de parcs, dont trois au sommet de la montagne : Parc du Mont-Royal (200 ha), Tiohtià : ke Otsira’kéhne Park (23 ha) et Summit Woods (23 ha).
Source : Amis de la Montagne
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