(Ottawa) Les prestations pour réduire la pauvreté n’atteignent pas les personnes qu’elles sont censées aider le plus, selon la vérificatrice générale. L’Agence du revenu du Canada et le ministère de l’Emploi et du Développement social ont pourtant reçu 18 millions lors de la dernière année financière pour tenter de les joindre.
Publié à 10h04
Mylène Crête
La Presse
Les Autochtones, les personnes au logement précaire, les immigrants venant d’arriver au Canada, les personnes handicapées, les personnes âgées et les jeunes sont les six groupes qui doivent surmonter le plus d’obstacles pour obtenir ces prestations.
Certains ne produisent pas la déclaration de revenus nécessaire pour avoir droit à l’Allocation canadienne pour enfants, le Supplément de revenu garanti ou l’Allocation canadienne pour les travailleurs. D’autres n’ont pas de numéro d’assurance sociale, ont de la difficulté à s’exprimer dans les deux langues officielles, ont un faible niveau d’alphabétisation ou habitent une région éloignée.
Photo Adrian Wyld, archives La Presse Canadienne
Karen Hogan, vérificatrice générale du Canada
La vérificatrice générale, Karen Hogan, constate que l’Agence et le ministère « n’en avaient pas fait assez pour aider les populations difficiles à joindre à se prévaloir des prestations ». Ils ne savent pas vraiment combien de personnes parmi ces groupes ne les obtiennent pas. Ils ne savent pas non plus combien ont fini par recevoir les prestations auxquelles ils avaient droit, malgré les millions qu’ils ont dépensés pour les sensibiliser.
« Les estimations surévaluaient l’utilisation des prestations puisqu’elles ne tenaient pas toujours compte des personnes qui n’avaient pas produit de déclaration de revenus, une exigence pour obtenir la plupart des prestations », écrit Mme Hogan tout en reconnaissant que ces gens sont difficiles à repérer.
Elle recommande une meilleure collaboration entre l’Agence du revenu du Canada, le ministère d’Emploi et de Développement social et Statistique Canada pour bien mesurer l’utilisation des prestations. L’Agence et le ministère devraient également collaborer pour améliorer leurs services pour les personnes vulnérables et devraient mesurer l’efficacité de leurs activités de sensibilisation auprès d’elles. Ces trois recommandations ont toutes été acceptées.
Add Comment