France

témoigne la mère du combattant français mort en Ukraine

Guillaume Dominguez, édité par Vasila Belasin à 20h37, le 3 juin 2022, modifié à 23h23, le 3 juin 2022

EXCEPTIONNEL

Alors que la guerre en Ukraine fait rage depuis 101 jours, le premier avion de chasse français est mort au sol, selon une information parvenue d’Europe 1 et confirmée ce vendredi par le ministère des Affaires étrangères. Le père de 32 ans a rejoint la Légion ukrainienne de défense internationale et a combattu contre l’armée russe. Or, selon nos informations, le combattant français a été tué le 1er juin dans la région de Kharkiv, “mortellement blessé par des” tirs d’artillerie “.

“Nous avons appris la triste nouvelle qu’un Français a été mortellement blessé lors de combats en Ukraine”, a déclaré le Quai d’Orsay dans une réponse écrite. Ce vendredi 3 juin, la mère de ce combattant, Catherine, a témoigné en exclusivité sur Europe 1. “Je suis très fière de lui et il y a trouvé sa place”, a-t-elle déclaré.

“Il était très attaché à ces gens.”

Selon les informations fournies par la mère de ce combattant, son fils est décédé le 1er juin. “Le dernier message de mon fils était le 1er juin à 6h56. Je lui ai répondu, mais il ne l’a pas fait”, raconte Catherine au micro d’Europe 1. Il a été tué par un bombardement russe. Il était accompagné d’une équipe de “douze soldats de toutes nationalités”, a précisé sa mère. Les hommes n’ont pas eu le temps de se rendre au bunker pour se protéger. Le fils de Catherine a été tué sur le coup.

Selon Catherine, son fils a subi un “énorme choc” lorsqu’il a appris la nouvelle de l’invasion russe de l’Ukraine. “Il a d’abord pris le bus pour Paris pour aller en Pologne. Il est arrivé en mission humanitaire pour aider les Ukrainiens fuyant le pays. Il est devenu très attaché à ces gens”, explique-t-elle. .

Le combattant s’est ensuite porté volontaire pour l’armée internationale d’Ukraine. La mère de la femme de 32 ans dit qu’elle a pu parler à son fils via des messages cryptés. “Je lui ai parlé brièvement au téléphone. Je voulais surtout savoir si mon enfant était vivant.

“Il voulait aider les gens”

Pour Catherine, son fils “n’a pas trouvé sa place en France”, ce qui l’a motivé à partir en Ukraine. « Il voulait aider les gens. Le combattant est le père d’une fillette de huit ans. “Il nous aimait, mais il avait décidé de le faire. Il voulait faire ça. Quand on aime son enfant, on respecte son choix », dit-elle.

L’homme n’a pas annoncé le départ de sa mère pour l’Ukraine : “Il ne l’a pas annoncé parce qu’il sait très bien que je pleurerais tellement qu’il ne pouvait pas partir. Il m’a appris cela après mon arrivée en Pologne.”.

“Il avait trouvé sa place”

La mère du combattant est en contact avec le ministère des Armées qui l’a assurée du rapatriement du corps de son fils.”Les frais seront pris en charge par l’armée ukrainienne”, a-t-elle précisé. Le corps de son fils est toujours dans le Donbass avant d’être rapatrié à Kyiv. Il rejoindra ensuite l’aéroport d’Orly, puis la Normandie, où habite Catherine.

La femme se dit “très fière de son fils”. “Il a donné sa vie pour une très bonne cause. Nous sommes très mécontents. Il n’y a rien de pire au monde que de perdre un enfant. Il avait trouvé sa place. On s’y sentait très bien”, conclut-elle.