France

Québec dans une impasse

Québec, qui n’arrête pas de frapper à la porte d’Ottawa pour avoir de nouvelles forces, et Ottawa, qui n’arrête pas de dire non…

Savez-vous ce qui me fait penser ?

Une vieille chanson…

EXERCICE HUMILIANT

“Le lundi matin, le roi, sa femme et le petit prince

Je suis venu chez moi pour serrer mon ongle

Mais comme je n’étais pas là, dit le petit prince

En l’état, nous serons de retour mardi

Mardi matin, le roi, sa femme et le petit prince

Je suis venu chez moi pour serrer mon ongle

Mais comme je n’étais pas là, dit le petit prince

En l’état, nous serons de retour mercredi. »

Etc.

Vous souvenez-vous de la fin de cette chanson ?

Le roi, sa femme et le petit prince ne bougent plus pour frapper à la porte, c’est tout.

Parce qu’ils en ont marre de les tromper…

François Lego imitera-t-il les personnages de ce poème pour enfants ?

Combien de fois acceptera-t-il de frapper à une porte fermée ?

Pense-t-il vraiment réussir là où aucun autre premier ministre du Québec n’a réussi? Alors que le poids démographique du Québec continue de diminuer? Et que la menace souverainiste est la plus faible ?

Tout n’est que pensée magique…

Le ministre de l’Immigration, Jean Boulet, a déclaré cette semaine que “malgré les refus répétés de Justin Trudeau de céder plus de pouvoir au Québec, je suis convaincu que le dialogue est la voie à suivre”.

En l’état, nous serons de retour jeudi…

En l’état, nous serons de retour vendredi…

En l’état, nous serons de retour samedi…

Est-ce le plan? « Par le dialogue » avec quelqu’un qui a dit haut et fort qu’il ne nous donnerait pas de nouveaux pouvoirs en matière d’immigration ?

Ce n’est pas juste dommage. C’est humiliant.

NOUS PROGRAMMONS UNE ANCIENNE PIÈCE

On a l’impression que le Québec est coincé dans une impasse.

A gauche, un chemin qu’il veut emprunter, mais qui ne mène nulle part. A droite, un chemin qui lui permettra d’avoir tous les pouvoirs qu’il veut mais qu’il ne veut pas emprunter.

Nous restons là, paralysés comme un cerf devant les phares d’une voiture.

Le bateau de la souveraineté coule. Les survivants s’accrochent au paquebot fédéraliste dans l’espoir qu’il les emmènera à destination. Le capitaine de ce bateau crie : “Terre ! Terre !” dès que vous voyez une mouette à l’horizon.

Le brouillard est épais comme de la soupe, les outils du pilote sont cassés, le navire continue de tourner en rond…

Bref, tout ressemble à un film de Bunuel.

On rejoue une pièce de théâtre (Le beau risque), qui était un four monumental à sa création, en espérant que cette fois elle soit réussie, mais personne n’y croit vraiment, les comédiens se contentent de réciter leur texte machinalement…

On espère juste qu’on pourra tenir jusqu’aux élections, après, comme dit Lego, “on verra”…

Qui sait ? Les Québécois qui n’aiment pas les blagues peuvent tout jeter sous le tapis et faire comme si le Québec n’avait rien demandé et que le Canada n’avait pas répondu.