Suite au décès samedi à Paris d’une jeune femme tuée par des policiers après avoir refusé d’obtempérer, Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé mardi 7 juin son ambition de réformer totalement la fonction policière en cas de nomination au poste de Premier ministre.
Invité sur France Inter ce mardi 7 juin, pour commenter sa phrase controversée, postée sur Twitter samedi, dans laquelle il assurait que “des policiers tuent” en réponse à la mort d’une femme de 21 ans à Paris après avoir refusé s’y conformer. , Jean-Luc Mélenchon a confirmé sa position.
La police tue et le groupe rebelle Alliance justifie la fusillade et la mort par un “refus d’obtempérer”. La honte c’est quand ?
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) 5 juin 2022
Le leader de la France insoumise est également revenu sur sa vision du maintien de l’ordre, qu’il pourrait asseoir s’il devenait Premier ministre. “Je suis pour une police avec des casques bleus qui font de la police de proximité, beaucoup de police judiciaire qui courent après les trafiquants d’armes, les gens, les trafiquants de drogue… et entre les deux on met des forces pour protéger le droit de manifester”, a déclaré Jean-Paul Luc Mélenchon à la radio publique.
Supprimer IGPN et iggn
Dans son programme, présenté lors de la campagne présidentielle de 2022, le député LFI a fait part de sa volonté de dissoudre la Brigade anticriminalité (BAC) en supprimant 7 000 postes en agence, dont 2 000 à la préfecture de police de Paris et 5 000 en région.
L’ancien candidat a misé sur la création de 6.000 postes dans la police judiciaire, ainsi que sur le recrutement de 3.300 agents dans la police technique et scientifique. Jean-Luc Melenchon a également prévu de redéployer 10 000 agents de la sécurité publique dans des missions locales du volet Sécurité et Sûreté de son programme.
Le leader du Nupes a présenté l’idée d’intégrer 24 000 policiers municipaux à la police nationale lors de sa dernière campagne électorale. Enfin, il a proposé de supprimer l’IGPN et l’IGGN, dont les missions sont de contrôler la déontologie en interne, pour les remplacer par une instance indépendante relevant du Défenseur des droits.
NE DUPLICEZ PAS LE MODÈLE US
Plus généralement, Jean-Luc Melenchon s’est inquiété de la montée des violences policières en France ces dernières années, craignant une montée en puissance dans le futur, comme c’est actuellement le cas aux Etats-Unis.
Je rappelle que nous, la France, avons été condamnés par les Nations unies pour avoir abusé de la violence en rapport avec les matériels que nous utilisons, comme les lance-grenades, les grenades de désarmement, les grenades assourdissantes, les balles en caoutchouc… Je pense donc qu’il faut pour arrêter cette escalade, car sinon nous serons les États-Unis, où à chaque fois que le ton monte, la violence s’intensifie », a déclaré l’ancien candidat à la présidentielle à la radio nationale.
Enfin, Jean-Luc Mélenchon a critiqué la prise de position des individus de droite de l’échiquier politique. “Droite ou extrême droite, quoi qu’il arrive, donnez une raison (à la police). Mais dans un État régi par l’État de droit, cela ne fonctionne pas. Dans une démocratie, on a le droit de discuter de tout, surtout du recours à la force policière », a-t-il dit.
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