(Paris) Maladie induite par les vaccins et infestée par Bill Gates : la récente épidémie de monkeypox hors d’Afrique a déjà généré beaucoup de fausses informations, rumeurs et insinuations complotistes sur Internet, largement calquées sur celles circulant à partir de 2020 autour du COVID-19.
Posté à 19h50
Julie SHARPENTER Agence France-Presse
Vaccin Monkeypox et AstraZeneca
“Un schéma est l’un des effets secondaires d’AstraZeneca”, affirment les internautes, une désinformation particulièrement répandue dans le monde. Comme “preuve”, ils affirment que “l’adénovirus du chimpanzé” a été utilisé pour créer le vaccin.
Mais des experts interrogés par l’AFP expliquent que cela est totalement “infondé” et que les deux pathogènes n’ont rien en commun, ils appartiennent à des familles de virus différentes (poxvirus pour le monkeypox et adénovirus pour le COVID-19). 19).
“Il est impossible que cet adénovirus se ‘transforme’ en virus du monkeypox”, a déclaré Teresa Lambe, professeur d’immunologie à l’Université d’Oxford.
L’adénovirus est utilisé dans le vaccin comme vecteur, c’est-à-dire comme simple moyen de transporter des instructions génétiques jusqu’aux cellules de la personne vaccinée, qui peut alors créer sa réponse immunitaire contre le COVID-19.
Et comme pour les autres vaccins dits “à vecteurs viraux”, l’adénovirus a été modifié pour ne pas contaminer l’organisme de la personne vaccinée, ont-ils ajouté.
Enfin, le monkeypox doit son nom au fait qu’il a été découvert pour la première fois chez le macaque en 1958, mais n’est pas spécifique à cette espèce, note l’Inserm. On le trouve aussi chez les rongeurs, par exemple.
La rougeole des singes, “enflammée” par des “élites”
En 2021, NTI, organisme américain spécialisé dans la prévention des risques nucléaires et bactériologiques, a organisé une simulation d’épidémie de monkeypox. La date choisie pour ce scénario fictif ? Mai 2022
Cette coïncidence est largement utilisée pour confirmer ou insinuer que la multiplication des cas de « monkeypox » est organisée.
La Fondation Bill et Melinda Gates étant l’un des nombreux contributeurs de NTI, le milliardaire américain – qui fait l’objet de nombreux complots depuis des années – est également accusé d’être à l’origine de ce nouvel avertissement sanitaire.
“Pour les besoins de l’exercice, nous voulions sélectionner un agent pathogène qui était plausible dans notre scénario, et nous avons choisi le monkeypox parmi plusieurs options proposées par nos experts”, a expliqué NTI, qui a déclaré que les risques posés par le monkeypox étaient bien documentés. années par de nombreuses autorités sanitaires. »
“Ce qu’il faut retenir (de la simulation de 2021, ndlr) n’est pas l’agent pathogène spécifique (choisi) dans notre scénario fictif, (a) le fait que le monde est complètement non préparé à de nouvelles pandémies futures et que nous travaillons d’urgence pour remédier à cette faiblesse “, a ajouté l’organisation.
Une rumeur similaire s’est répandue en 2020 à propos de COVID-19 sur la base d’une simulation d’épidémie de coronavirus menée en 2019.
La doxycycline, un nouveau pseudo-médicament
De nombreuses publications affirment que la doxycycline, un antibiotique qui “guérit la variole du singe en deux jours”, a été interdite par arrêté du ministère de la Santé.
Ce n’est pas vrai : le texte officiel ne le dit pas, il autorise l’autorisation de vacciner – dans certains cas précis – les personnes exposées au virus monkeypox, et ne mentionne pas la doxycycline.
De plus, la doxycycline n’est pas considérée comme un traitement de la maladie, comme l’ont indiqué plusieurs experts à l’AFP, ne serait-ce que parce qu’il s’agit d’un antibiotique utilisé pour combattre les bactéries, pas les virus.
En revanche, si nécessaire, des médicaments antiviraux (comme le tecovirimate) peuvent être utilisés contre le monkeypox, rappellent médecins et autorités sanitaires.
Add Comment