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le différend en trois matières

La Première ministre Elizabeth Bourne était invitée sur France Bleu, mardi 7 juin 2022, pour répondre aux questions des auditeurs. L’échange avec un étudiant en situation de handicap a fait réagir la classe politique.

Voici trois questions pour comprendre le différend.

1. Que s’est-il passé ?

Parmi les auditeurs invités par France Bleu à poser leurs questions ce mardi, Dolorès. Elle a appelé “pour savoir si l’Etat a l’intention de faire quelque chose pour les personnes handicapées”, a-t-elle d’abord dit, avant de décrire en détail sa situation personnelle, avec de l’émotion dans la voix : “Malheureusement, j’ai eu un accident très grave. Je me retrouve en fauteuil roulant, je ne peux plus travailler. J’ai postulé à l’AAH [Allocation aux adultes handicapés, NDLR] et pour autant que mon mari touche 1810 euros par mois, malgré notre loyer de 1000 euros à Nice, on me dit que je n’ai droit à rien car nous dépassons les plafonds. »

Dans l’introduction de sa réponse à Dolores, Elizabeth Bourne dit avoir “entendu” l’émotion de l’auditeur. “En tant que personne handicapée, vous avez le droit d’aider […] qui ne sont pas du tout contrôlés pour les biens », a souligné le Premier ministre avant de lâcher cette phrase : « Ensuite, il y a un moyen de vous accompagner pour que vous puissiez, peut-être, reprendre une activité professionnelle. . »

Dolores a alors répondu, en larmes, incapable de terminer sa phrase : “J’adore quand le Premier ministre dit de reprendre sa vie professionnelle…”, sans empêcher l’ancien ministre du Travail de défendre son point de vue. “Non. Je ne pense pas qu’il faille penser que les employeurs devraient fermer la porte aux personnes en fauteuil roulant, mais ce n’est peut-être pas le moment de parler de cette hypothèse. Le Premier ministre a enfin expliqué que l’influence du mari sur l’AHA est un sujet qui fait l’objet de discussions au sein du gouvernement.

2. Quelles sont les réactions politiques ?

Ce bref échange a provoqué une vive réaction des représentants politiques, notamment de gauche. Le Premier ministre « humilie une femme en fauteuil roulant », a écrit Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.

“C’est l’histoire du meeting blocus”, a tweeté Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.

“Le 15 avril 2022, M. Macron a promis de déconjuguer l’allocation aux adultes en situation de handicap. Un mois et demi plus tard, Mme Bourne a répondu à une femme en fauteuil roulant qu’elle n’avait qu’à chercher un emploi… », a réagi Ian Brosat, porte-parole du Parti communiste et adjoint au maire de Paris.

« Elizabeth Bourne, la techno dans toute sa splendeur : ‘Es-vous handicapée, madame ?’ “Déconjuguer l’AAH permet simplement aux personnes handicapées de se marier, de vivre en couple, le droit au bonheur”, a écrit sur Twitter François Rufin, adjoint LFI à Soma.

Marine Le Pen a pour sa part condamné la “réaction glaciale” du Premier ministre.

“S’il y a une chose qu’on ne peut pas reprocher à Elizabeth Bourne, c’est un manque d’attention, un manque de compassion, un manque de compassion pour nos compatriotes, et surtout pour les plus fragiles”, a déclaré Olivia Gregoire, porte-parole du gouvernement. après le Conseil des ministres de ce mercredi.

3. Que prévoit le gouvernement pour déconjuguer l’AAH ?

Durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a soutenu la déconjugaison des prestations d’invalidité. La prise en compte du handicap du conjoint d’une personne handicapée dans le calcul des droits de l’AAH “crée une situation anormale pour les personnes handicapées”, a reconnu le 15 avril le président réélu à franceinfo. “Je vais déménager”, a-t-il dit, sans préciser de mesure précise.

Jusque-là, il était le seul candidat à la présidentielle à ne pas appeler à la déconjugaison de l’AAH. La proposition a été rejetée par l’Assemblée nationale en octobre 2021, avec un vote majoritaire contre. “Nous assumons le fait que nous donnons plus à ceux qui en ont vraiment besoin”, a déclaré Sophie Cluzel, secrétaire d’État aux personnes handicapées.

Le gouvernement a alors préféré une allocation forfaitaire de 5 000 euros sur les revenus du mari, soit un bénéfice moyen estimé à 110-120 euros par mois pour 140 000 couples. Cette mesure, jugée insuffisante par les associations, est entrée en vigueur en janvier dernier.

Échange entre Elizabeth Bourne et une femme handicapée : la contradiction en trois enjeuxCHARBON