France

CAQ pourra gérer sans partager

Commençons par ce qui est immédiatement évident. En ce dernier jour de la dernière session parlementaire avant les élections du 3 octobre, la victoire de la CAQ s’annonce déjà colossale.

Pour son second mandat, le gouvernement Lego pourra facilement fonctionner sans partage.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, une osmose rarissime lie vraiment la majorité des francophones au premier ministre François Lego. La faiblesse obstinée des libéraux et du PQ y est pour quelque chose.

À l’opposé, même le solidiste québécois, niché dans les antithèses de la CAQ sur tous les fronts, sert à consolider l’image d’un gouvernement « pragmatique » et « réaliste ».

Idem pour le Parti conservateur du Québec (PCQ) d’Éric Duhaime, le plus jeune à monter sur scène. Sans doute la formation la plus à droite de l’arène québécoise, elle a à son tour aidé la CAQ à s’imposer au centre de l’échiquier politique.

Mais surtout, rien n’ébranle la popularité politique, mais aussi très personnelle, du Premier ministre lui-même. Même l’hécatombe de la première vague dans les CHSLD a été pardonnée.

Sa recette ? Plusieurs francophones y voient leur propre reflet politique presque parfait.

Au royaume du nationalisme tranquille

Après l’arrivée catastrophique au pouvoir du duo libéral Couillard-Barrette, le joyau suprême de la couronne caquiste a tout de même réussi à occuper tout le champ dit identitaire.

C’est le royaume du “nationalisme” tranquille et de la “fierté” retrouvée.

Cependant, la CAQ a triomphé à l’excès. Profitant de l’agonie du Parti Québécois (PQ), ajouter l’obligation pour les candidats souverains de la CAQ de nier le mot « s » comme s’il s’agissait d’une nouvelle lèpre relève aussi du dossier.

D’ailleurs, le chef de la CAQ est lui-même un ancien péquiste, et en même temps ses élus fédéralistes ont le droit de dire qu’ils sont aussi fiers qu’une congrégation de fêtes.

le clou? Annonce super gênante de la candidature de Bernard Drainville à Lewis. L’ancien ministre péquiste et père de la Charte des valeurs, confirme qu’en CAQ le mot « souverainiste » est bel et bien en baisse dans l’index.

Gagner sans danger

Au PQ, dont la survie est en jeu, le coup est porté. Cependant, en attaquant le PQ alors que leur groupe était sous respirateur, le premier ministre a paradoxalement réussi à les réveiller de leur torpeur.

L’inexplicable exclusion initiale de la Fondation René-Lévesque du chef du PQ Paul St-Pierre Plamondon de la cérémonie d’ouverture Lévesque a eu le même effet.

Il en va de même pour les propos déshonorants de Lucien Bouchard, ancien premier ministre et ancien chef du PQ, à son ancien parti. Même l’ancienne première ministre Pauline Maroa a été contrainte de sortir de sa discrétion habituelle. Son message : un peu de respect et de dignité, s’il vous plait.

Cela reste encore.

À quatre mois de l’élection, cette guerre verbale entre la CAQ et le PQ, dont la censure surréaliste dans la CAQ du mot “souverainiste”, pourrait épuiser assez rapidement l’électorat…