France

devant les évêques, M. Ray s’est dit prêt à dialoguer avec Rome

La question brûlante du report de l’ordination des prêtres au diocèse de Fréjus-Toulon n’était pas à l’ordre du jour de l’Assemblée plénière extraordinaire des évêques de France des mardi 14 et mercredi 15 juin à Lyon. Mais le sujet, largement débattu en France et jusqu’au Vatican, s’est naturellement invité dans les discussions.

A la demande de Rome, Mgr Dominique Ray, évêque de Fréjus-Toulon, devait “suspendre” l’ordination de quatre prêtres et six diacres à la prêtrise le 26 juin. Le Saint-Siège s’inquiète de l’ordination ces dernières années de nombreux séminaristes formés hors du diocèse et du contrôle de l’évêque, à qui il a demandé de reconsidérer sa gestion des vocations et de certaines nouvelles communautés soupçonnées d’abuser des sectes, selon une étude de La Croix à Toulon et Rome.

Parmi les quatre ordres qui devaient devenir prêtres fin juin figurent deux franciscains italiens, membres d’une communauté traditionaliste, qui venaient d’arriver au village de Figanier ; ancien membre de l’Institut traditionaliste Christ-Roi, nommé au poste de Toulon ; enfin, un jeune latino-américain très estimé dans la paroisse de Saint-Cyr-sur-Mer. Seul ce dernier a fréquenté le séminaire diocésain de Castille, Toulon.

“Nous savons très peu de choses”

Mgr Ray est resté silencieux après l’annonce de ce qui semblait être une sanction et a suscité l’émoi parmi les croyants catholiques du Var et au-delà. Mais le mercredi 15 juin au matin, sans participer à l’ensemble des travaux de l’Assemblée de Lyon, il a soulevé la question auprès de ses frères dans l’épiscopat, a appris La Croix de plusieurs sources consonantes. Il s’est exprimé après une allocution de Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et futur cardinal, qui mènera une “visite” (enquête) en 2021 à la demande du Vatican. Sur la base de son rapport et des informations envoyées directement aux dicastères romains, une décision très rare a été prise d’arrêter.

L’évêque de Fréjus-Toulon s’est dit prêt au dialogue avec le Vatican : une façon de dire, croient ces sources, que la discussion avant la suspension des ordinations n’a pas eu lieu. D’autres sources, romaines cette fois, confirment au contraire que le dialogue est engagé depuis longtemps. “Deux années se sont écoulées au cours desquelles nous avons directement et intensément essayé de voir avec lui comment résoudre les problèmes de gestion et résoudre certains excès”, a déclaré un haut responsable.

Interrogé sur ce dossier lors de la conférence de presse finale de l’Assemblée à Lyon, M. Alexandre Jolie, évêque de Troyes, qui dirige l’équipe nationale dédiée au synode sur la synodalité, a évacué la question. “Nous savons très peu de choses sur cette situation, sur ce qui est dit ou renforcé. La question n’aurait pas dû être réglée entre nous (les évêques), elle ne concerne que l’actualité d’un diocèse, a-t-il soutenu. Mais là, nous avons travaillé dans tous les diocèses. »