France

Le pont Pierre-Laporte est sécuritaire, assure François Lego

Lors d’une conférence de presse à Bayeux-Côme jeudi, le premier ministre a tenu à rassurer la population sur l’état des infrastructures.

Le pont Pierre-Laporte, je veux rassurer tout le monde, est sécuritaire maintenant, a déclaré François Lego.

Mercredi, l’émission Enquête a révélé le contenu d’un rapport préparé par deux ingénieurs du MTQ sur l’état des 160 suspentes du pont Pierre-Laporte. Selon le document, les lignes deviennent moins stables et certaines peuvent même reculer à tout moment.

Catastrophe, dit Bonardel

De son côté, le ministre des Transports François Bonardel a jugé inacceptable le fait de ne pas avoir été informé plus tôt de l’existence du rapport.

Je prends le témoignage de l’ingénieur d’alarme très au sérieux. Je trouve inacceptable que je n’aie pas été informé de ce rapport plus tôt. Mon sous-ministre fera la lumière sur le processus qui a mené à ce gâchis. Il a déjà pris des mesures, a-t-il dit.

François Bonardel dit qu’il ignorait l’existence du rapport jusqu’à récemment. (Les archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le ministre, qui a dit avoir pris connaissance du rapport mardi, a déclaré que des travaux seraient effectués cet été pour consolider environ 40 des lignes de suspension du pont.

Si nous avions le moindre doute, nous n’hésiterions pas à le fermer pendant qu’il est en cours d’élaboration, a déclaré M. Bonardel.

Très alarmant, dit l’APIGQ

Selon l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), ce n’est pas tant l’état actuel du pont qui est préoccupant, mais plutôt la façon dont le rapport a été pris en compte par le ministère.

Nous avons recueilli des témoignages sous serment de hauts fonctionnaires du ministère des Transports, qui ont parlé de l’urgence d’agir sur le pont Pierre-Laporte. On nous a dit que nous étions irresponsables de divulguer leurs propres documents, dénonce le président de l’APIGQ, Mark-André Martin.

Mark-André Martin reproche au MTQ de ne pas accorder au rapport l’importance qu’il mérite. (Les archives)

Photo : Radio Canada

C’est très, très, très dérangeant. Il est très inquiétant de savoir que le ministère dispose d’un tel signalement, qui, d’ailleurs, n’a jamais été transmis à l’ingénieur qui s’occupe du pont Laporte, a-t-il poursuivi.

Troisième lien vers le plus sacré

De son côté, le maire de Lewis, Gilles Leuille, avoue s’inquiéter de l’état du pont Pierre-Laporte. Il a mentionné qu’une ambulance pourrait être mise en place prochainement.

Le maire attend plus d’informations du ministère des Transports sur l’état réel du pont. Gilles Lehouillier est particulièrement préoccupé par l’impact sur la sécurité et le développement économique advenant la fermeture du pont Pierre-Laporte.

La situation actuelle nous rappelle la nécessité d’une troisième relation, a déclaré le maire de Lewis, Gilles Leuille.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cloutier

Il prétend que les révélations de l’émission Enquête nous obligent à accélérer le développement de la troisième relation.

Quand on est sur le pont Laporte, il y a un véhicule sur quatre [qui] est une catégorie lourde. Un véhicule sur quatre ! Que va-t-il se passer ? Comment pourrons-nous approvisionner nos épiceries, nos supermarchés, etc.? C’est la vraie conséquence. […] C’est la raison, se dit-on, d’un nouveau rattachement au plus sacré, a réagi le maire de Lewis.

Les citoyens ont besoin de réponses, dit Marshan

Sans commenter les conclusions publiées dans le rapport du MTQ, le maire de Québec, Bruno Marchand, a demandé au gouvernement et au ministère des Transports des précisions sur les prochaines étapes.

Le ministère des Transports doit mener l’exercice de communication avec des preuves à l’appui et une démonstration de ce qu’il fera, quand il le fera et comment il respectera les dangers immédiats, selon certains, a-t-il déclaré lors d’un point de presse jeudi après-midi.

Cependant, le maire estime que les dossiers sur le pont et le troisième raccordement sont indépendants. L’un ne peut pas être une solution à l’autre, a-t-il dit.

Si la conclusion est que le pont Pierre-Laporte doit être retiré de la mission qu’il remplit actuellement d’ici 5, 10, 15 ans, le troisième maillon ne peut pas être le troisième maillon. Au Québec, on ne peut pas vivre sans deux ponts, a-t-il dit, ajoutant qu’un troisième lien ne pourrait pas transporter des matières dangereuses par camion, comme le permet le pont Pierre-Laporte.

L’opposition s’exprime

Le député de Québec solidaire Vincent Marisal ne partage pas l’avis du maire de Lewis. Au lieu de cela, le gouvernement devrait accorder la priorité à l’entretien des infrastructures actuelles, et non à la construction d’un tunnel.

Le fait est que les ponts fonctionnent toujours et feront leur travail s’ils sont entretenus, alors la première chose que le ministre [des Transports] il faut qu’il nous dise, au lieu de revenir avec son caprice pour un tunnel autoroutier, alors il a l’intention d’entretenir les ponts qui sont là, dit le député de Rosemont.

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et de l’opposition officielle Dominic Anglad est sévère envers le ministre Bonardel.

Personnellement, je ne comprends pas la réaction du ministre, car en mai, les ingénieurs sont sortis pour dire qu’ils avaient des problèmes et il a dit : “Oh, non, ce n’est pas vrai, il n’y a pas de problèmes.” Il avait dû s’en soucier depuis, pensa-t-elle.

Le chef du Parti libéral du Québec, Dominic Anglad, est dur avec le ministre des Transports.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Selon Mme Anglade, le ministère des Transports doit maintenant réfléchir à la marche à suivre.

Il doit planifier son entreprise, il doit planifier son travail, il doit planifier ce qui va se passer ensuite, l’impact sur la mobilité, estime le leader libéral.

Pour le Parti québécois, la sécurité et la viabilité du pont doivent être au cœur des priorités du gouvernement et du ministère des Transports.

« Je m’attends à ce que nous soyons très proactifs pour apporter des ajustements de façon plus précise, précisément pour assurer la sécurité et la pérennité de ce pont », a déclaré Martin Wellett, membre de René-Lévesque.

En collaboration avec Pascal Poinlane et Colin Côté-Paulette