La France est un régime parlementaire. Cette évidence, tirée de la Constitution de 1958, s’exprimera au cours des cinq prochaines années avec une ampleur sans précédent dans la Ve République. Dimanche 19 juin, à l’issue du second tour des législatives, les Français n’ont vraiment donné qu’une petite majorité aux candidats d’Emmanuel Macron réunis sous le drapeau d’Ensemble !
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Aucun vote sanction n’a jamais été vu pour le président de la république, qui vient d’être réélu. Avec 224 députés, selon les premières prévisions d’Ipsos-Sopra Steria, les macronistes sont bien en dessous de la barre fatidique des 289 élus nécessaires pour obtenir la majorité absolue. Et on ignore encore quelles forces lui permettraient d’y parvenir.
Candidats ensemble ! devant les troupes de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), qui compte 149 députés. Niveau d’eau bas, auquel pourraient s’attendre les candidats de l’union de la gauche à l’issue du premier tour, si l’on se fie aux instituts sociologiques. Mais ce dernier n’a pas pu mesurer à quel point l’instabilité électorale devenait la norme.
“Situation sans précédent”
A la surprise générale, le Rassemblement national (RN) a bien envoyé 85 députés au Palais-Bourbon. Dix fois plus qu’il y a cinq ans. Tsnami souhaite la bienvenue au président par intérim du RN, Jordan Bardella. Confirmation des trois clivages de la scène politique française entre macronistes, mélenchonistes et lépénistes, mais aussi que le scrutin majoritaire, qui consiste à recueillir 50 % des suffrages au second tour, n’est plus une barrière infranchissable pour le parti d’extrême droite. Tout comme il ne protège plus les forces centrales comme avant.
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La dernière fois que le RN a formé un groupe à l’Assemblée nationale, il s’appelait le Front national ; son président s’appelait Jean-Marie Le Pen. C’était entre 1986 et 1988. À cette époque, leurs troupes étaient trois fois moins nombreuses.
Le parti Les Républicains (LR), qui s’appuyait sur son ancrage local pour survivre au lendemain de l’échec présidentiel de Valéry Pecres, a été porté en quatrième force à l’Assemblée nationale. Il ne compte que 78 députés, contre 112 lors de la précédente législature. Cependant, son rôle sera crucial.
Cette configuration va en effet obliger la Première ministre Elizabeth Bourne à trouver des alliés sur chaque texte, relançant de fait le débat parlementaire qui a souvent été mis sous le feu lors du précédent quinquennat. Contrairement à la majorité relative qu’avait connue Michel Rocker en 1988, l’article 49-3 de la Constitution – qui permet l’adoption d’un texte sans vote en responsabilisant le gouvernement – ne peut désormais être utilisé qu’en cas de reprise d’une session parlementaire. .à l’exception des factures financières. Cela nous oblige à développer une culture du compromis à laquelle Emmanuel Macron n’est pas habitué.
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