Leon Marshan participe au 200 m quatre nages aux Championnats du monde de natation à Duna Arena, Budapest, Hongrie, le 21 juin 2022. OLI SCARFF / AFP
Léon Marshan ne marche pas sur l’eau : il s’y heurte. Sacré champion du monde du 400 m mixte samedi dernier, Toulouse a terminé deuxième de la finale du 200 m papillon, mardi 21 juin lors des championnats du monde à Budapest. À Duna Arena, le nageur de 20 ans a réalisé un temps de 1 minute 53 secondes. 37, améliorant son score en demi-finale lundi (1 min. 54 sec. 32), qui a battu le plus vieux record de France, détenu depuis 2002 par Frank Esposito.
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L’intouchable Hongrois Christoph Milak, 22 ans, a décroché la médaille d’or (1 min. 50 sec. 34), améliorant son propre record du monde. Le Japonais Tomoru Honda a pris la troisième place (1 min. 53 p. 61).
Issu d’une famille de nageurs, Léon Marchand suit les traces de ses parents, spécialistes des épreuves mixtes. Sa mère, Céline Bonnet, a notamment disputé les Jeux de Barcelone en 1992. Jusqu’à samedi, son père, Xavier Marchand, était le dernier Français à remporter une médaille mondiale dans le quatre nages (argent au 200 m aux Championnats du monde 1998 à Perth en Australie). ). .
Toulouse, Bob Bowman et Michael Phelps
Formé aux Dauphins du TOEC, le prestigieux club de la Ville Rose, le Toulousain a rapidement sillonné l’Atlantique à la fin de l’adolescence. Et pour cause : en septembre 2020, il décide de s’attacher les services de Bob Bowman, ancien mentor de la légende américaine Michael Phelps, l’athlète le plus titré de l’histoire des JO avec 28 médailles, dont 23 d’or.
Après plusieurs échanges en visioconférence pour prendre confiance, l’Occitan a rejoint son nouvel entraîneur en début d’année scolaire et s’est rapidement fait un nom sur le campus d’Arizona dans la banlieue de Phoenix. Lors des Championnats universitaires en mars, d’un temps de 1 minute 37 à 69, il a réussi à ravir à Caleb Dressel – auréolé de sept titres olympiques – son record de 200 yards mitigé, sous les yeux ébahis du 25 américain et des spectateurs. au Georgia Tech Aquatic Center (Atlanta).
Le nageur tricolore prématuré essaie à tout prix d’éviter la rude comparaison avec Phelps, le « glouton du Michigan », que son entraîneur ne craint pas : au 400 m mixte. La différence entre [eux], c’est que Leon est un très bon brasseur, et que Michael était un très bon backstopper. » Et le technicien de poursuivre, devant le micro de France Télévisions : « Léon a beaucoup plus de vitesse, tandis que Michael a beaucoup plus d’endurance, mais ils sont très similaires dans leur approche de l’entraînement et leur envie de donner le meilleur d’eux-mêmes. Ils supportent tous les deux très bien la pression. »
Offrant samedi son premier titre mondial, il a signé la deuxième meilleure performance de l’histoire sur 400 m quatre nages (4 min 4 avec 28, record d’Europe), derrière l’Américain (4 min 3 avec 84).
Paris 2024 dans le viseur
Nagant après son idole, Léon Marchand se sait surveillé. Mais après son arrivée à Budapest, le sextuple champion de France a réussi à répondre aux attentes. Son premier titre mondial à peine gagné, souffle-t-il devant le micro de France Télévisions samedi : “Je suis venu ici pour faire la finale, pour essayer de faire une médaille, mais je ne pensais pas que je serais aussi déterminé et si vite dans l’eau. C’est pour ça que je m’entraîne toute une année, (…) le travail paie. »
Après les médiocres JO de Tokyo, la natation française n’ayant ramené qu’une médaille d’argent (Florent Manodou au 50 m nage libre), Toulouse apparaît comme une promesse d’avenir pour les Bleus. Surtout à l’approche de Paris 2024. Fraîchement investi comme directeur des équipes de France de course et open, le Néerlandais Jaco Verheeren préfère cependant jouer la carte de la prudence face au miracle, comme pour garder l’œil ouvert, à deux ans de l’échéance. . “C’est difficile de parler de médailles à l’avance”, a déclaré le nouveau patron des poules françaises au Monde à la veille de la Coupe du monde. Mais certains ont certainement une échelle. »
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Désormais double médaillé à Budapest, Léon Marchand a encore l’opportunité d’arroser ces championnats de son talent. Trois quarts d’heure après sa médaille du 200 m papillon, il s’est qualifié pour la finale du 200 m quatre nages, prévue mercredi. Une journée digne d’un marathon aquatique pour les surdoués.
Valentin Bodri
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