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Emploi Le pic des postes vacants

Les Canadiens qui veulent travailler n’ont jamais eu autant de choix. Au cours des trois premiers mois de 2022, un nombre record de postes vacants a été atteint, donc au Québec ce nombre dépasse celui des chômeurs.

Mis à jour hier à 23h33

Isabel Dubé Presse

Selon les statistiques recueillies par Statistique Canada, 957 500 postes étaient à pourvoir au premier trimestre 2022. Au Québec, ils étaient 224 370, alors que le nombre de chômeurs est plus faible – 190 000.

Si l’on compare la situation avec le premier trimestre 2020, juste avant que la pandémie ne mobilise toute la planète et à un moment où il y avait une grande pénurie de main-d’œuvre, l’augmentation du nombre de postes vacants est phénoménale. En deux ans, il y a une augmentation de 72,3% au niveau national.

Cette tendance à la hausse remonte encore plus loin. Il commence au premier trimestre de 2016. Le taux de vacance mesure le nombre de postes vacants en proportion de la demande totale de main-d’œuvre.

Code rouge dans le domaine de la santé

De nombreux Québécois en sont convaincus sur le terrain, et les statistiques appuient leurs constats : il y a une grave pénurie de main-d’œuvre en santé et social. De plus, la pandémie a exacerbé le problème.

Le nombre de postes vacants dans ce domaine a atteint un nouveau record de 136 800, soit 5 % de plus que le pic du quatrième trimestre 2021. Par rapport au premier trimestre 2020, la hausse est de 90,9 %.

Nous recherchons des infirmiers diplômés et infirmiers autorisés (+ 77,8 % pour atteindre 22 900), des infirmiers et infirmières (+ 166 % pour atteindre 11 300), ainsi que des infirmiers et paramédicaux (+ 84,2 % pour atteindre 21 900).

Forte demande dans la construction

Le secteur de la construction a également enregistré un nombre record de postes vacants. Les acteurs industriels ont tiré la sonnette d’alarme il y a quelques mois et les statistiques témoignent de leurs inquiétudes.

Au premier trimestre de 2022, sur une base désaisonnalisée, les employeurs du secteur de la construction ont cherché activement à pourvoir 81 500 postes vacants. Par rapport au premier trimestre 2020, cela représente une augmentation de 107 %.

Ces deux dernières années, les plus demandés sont les ouvriers (+ 97 % ; + 8 800) et les menuisiers (+ 149,1 % ; + 6 600).

De nouveaux pics sont également enregistrés dans les secteurs de la fabrication et du commerce de détail. La plus forte hausse a été observée dans la fabrication de produits métalliques ouvrés (+ 115,7 % ; +6 100), les dépanneurs (+ 102,3 % ; +4 700), les épiceries (+ 93,2 % ; +10 300) et la production alimentaire (+ 81,8 % ; + 6 800).

Augmentation moyenne de 3%

Face à l’augmentation des postes vacants et à la forte concurrence pour les talents, certains employeurs ont augmenté les salaires.

Dans toutes les industries, les salaires offerts ont augmenté de 2,5 % sur une base annuelle au premier trimestre de 2022, et les salaires horaires moyens de tous les employés ont augmenté de 3,0 %. Pourcentage inférieur à l’indice des prix à la consommation (IPC), qui a augmenté de 5,8 % au cours de la même période.

Au cours de la dernière année, les employeurs de certains secteurs ont encore desserré leur portefeuille, notamment le commerce de gros (+ 9,4 % à 26,10 $), le transport et l’entreposage (+ 8,0 % à 24,25 $), la construction + 6,6 % pour atteindre 27,50 $) et la production. (+6,6% pour atteindre 23,45$).

En comparaison, les salaires ont peu ou pas augmenté dans la santé et le travail social (+2,4% à 25,60$), les services publics (+1,3% à 37$, 55$) et les services d’enseignement (-3,5% à 27,30$).

Des salaires plus élevés ont été réclamés

Ce qui pourrait expliquer le nombre élevé de postes vacants, c’est la différence entre les attentes salariales des employés et ce qu’offrent les employeurs, selon les statistiques canadiennes.

En février et mars 2022, l’enquête Emploi a collecté des données sur le salaire horaire minimum que les demandeurs d’emploi sont prêts à accepter comme poste. Dans certains secteurs, comme le commerce de détail, l’hébergement, la restauration et la construction, les travailleurs souhaiteraient recevoir jusqu’à 22,4 % de plus que les salaires.

Cependant, dans certains secteurs, les postes vacants sont dus à une pénurie de travailleurs qualifiés. Par exemple, dans le secteur de la santé et de l’assistance sociale, les salaires moyens offerts sont supérieurs de 8,9 % à ceux attendus par les travailleurs.