France

une infection à Omicron ne serait pas égale à une dose de vaccin

Un homme reçoit une dose de vaccin contre le coronavirus Covid-19 dans un centre social du quartier populaire La Gavotte Peyret de Septeme-Les-Vallons (Bouches-du-Rhône) le 12 janvier 2022. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

La variante Omicron est définitivement un OVNI. Cet avatar du virus SARS-CoV-2, dont l’influence mondiale est devenue quasi hégémonique, est bien connu pour se différencier de ses prédécesseurs par ses nombreuses mutations. Lorsqu’elle a été découverte en Afrique du Sud en novembre 2021, dans sa version BA.1 (celle qui a balayé l’Europe en décembre), elle en portait déjà une cinquantaine par rapport à la souche historique de Wuhan. Depuis, les versions ultérieures successives en ont acquis de nouvelles, notamment BA.2, et maintenant BA.4 et BA.5. Or, ce dernier “sera ultra-majoritaire dans environ trois semaines en France”, selon Mahmoud Zuraik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin (Evelyn).

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Les chercheurs découvrent peu à peu comment, grâce à ces mutations, Omicron contourne nos défenses immunitaires. “Omicron est évidemment une option différente. Dans l’arbre généalogique du virus SARS-CoV-2, il provient d’une branche très éloignée des autres variantes, rappelle le professeur Olivier Schwartz, chef du département virus et immunité à l’Institut Pasteur de Paris. Par exemple, il n’est pas du tout détecté par les anticorps des personnes doublement vaccinées qui n’ont pas reçu de troisième dose. Et il est très mal détecté par les anticorps de ceux qui ont été infectés par la souche Wuhan. À l’inverse, dans les études in vitro, les anticorps humains infectés par Omicron n’ont pas reconnu un très grand nombre des variants ci-dessus.

Les personnes infectées par BA.1 peuvent-elles être infectées par les dernières versions d’Omicron, telles que BA.5 ? Trois études récentes éclairent cette question. Une étude sud-africaine, qui n’a pas été examinée par des collègues et publiée le 24 avril, suggère que les anticorps de personnes non vaccinées infectées par BA.1 neutralisent BA.4 et BA.5 environ 7,5 fois moins. Il est clair qu’une personne infectée par Omicron en début d’année n’est pas totalement protégée contre le risque de réinfection par BA.4 ou BA.5, surtout si elle n’est pas vaccinée.

Différentes sous-options

Mais les réinfections avec BA.4 ou BA.5 sont-elles plus fréquentes qu’avec BA.1 ? Je ne suis pas sûr. “Environ 15% des cas BA.4 et BA.5 étudiés ont signalé une infection antérieure par le SRAS-CoV-2”, a écrit Santé publique France dans une analyse de risque du 17 juin pour les variantes. Cela correspond au “taux de réinfection similaire à BA.1” constaté par l’Agence.

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Une autre étude, publiée dans le numéro du 17 juin de la revue Nature, a examiné les anticorps produits après une infection par BA.1 chez des personnes triplement vaccinées avec Coronavac (un vaccin chinois basé sur un virus inactivé). Résultats : Ces anticorps neutralisent de plus en plus les différents sous-variants d’Omicron au fur et à mesure qu’ils se succèdent. « Par conséquent, cette étude pose la question de la pertinence des vaccins en cours de développement, qui ne ciblent que la sous-variante BA.1 d’Omicron », a déclaré Mahmoud Zuraik.

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