France

le chauffeur porte plainte à Saintes

Les faits survenus en janvier dernier peuvent être jugés car le cycliste avait activé la caméra qu’il portait sur sa veste, les images ont ensuite été publiées sur Internet, où elles sont devenues virales.

“Il est rare de pouvoir poursuivre l’auteur de tels actes de violence volontaire”, a déclaré Michel Benezra, avocat de l’association Mon vélo est une vie, intervenue dans le dossier de la victime. “Aujourd’hui, a-t-il ajouté, dans 80% des cas où un cycliste est percuté, c’est volontaire. Mais c’est très difficile à prouver si la scène n’est pas filmée.

Les images montrent une route étroite en Charente-Maritime, entre Royan et Semyusak. Lorsqu’ils se sont mis en route, le cycliste avait déjà dépassé le camion-benne, auquel il a fait signe de rouler moins vite et de s’approcher de son côté de la route. En vain, disait-il, après avoir été obligé de se rouler dans l’herbe.

Le cycliste reprend sa route, mais entend bientôt un moteur derrière lui. Inquiet, il allume sa caméra. La séquence montre le camion-benne le dépassant et le pressant au point de le laisser tomber, puis s’arrêtant. Le chauffeur et son compagnon, qui est son jeune fils, sont sortis du camion, ont crié après le cycliste et ont commencé à le frapper, brisant la caméra.

A l’audience, en tenue de vélo

Ce court métrage a permis au parquet de Saintes de poursuivre le chauffeur pour violences volontaires avec arme à destination, en l’occurrence un camion benne, ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours (30 jours au total).

Pour Teodoro Bartuccio, président de My Motorcycle is Life, ce genre de nouvelles est régulier. Ne s’arrête pas. […] “Les gens utilisent leurs véhicules pour obtenir justice.” Il entend se servir de cette affaire pour changer la loi et les mentalités en plaidant pour des sanctions plus sévères contre les automobilistes.

Dans un communiqué, son association a appelé “les amoureux de la petite reine à venir soutenir la victime en assistant à la décision de justice en tenue de vélo”.

Le chauffeur est menacé de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende. Il a comparu seul, son fils moins impliqué, car il faisait l’objet d’une mesure alternative de poursuite devant le délégué du procureur.

“Le chauffeur du camion devrait être condamné à une peine type, mais il faudrait aussi passer un message en faveur du partage des espaces ouverts et du respect de la vie des cyclistes”, a insisté l’association.