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Canada et États-Unis Main dans la main dans l’espace

L’un est climatologue, l’autre astronome. Ils dirigent les orientations scientifiques cosmiques de leurs pays respectifs. Cette semaine, la nouvelle scientifique en chef de la NASA, Catherine Calvin, a rencontré sa collègue de l’Agence spatiale canadienne (ASC), Sarah Gallagher, à Saint-Hubert et à Ottawa. La Presse les a interviewés à Ottawa.

Posté à 23h00

Presse Mathieu Perreault

Q. De quoi parliez-vous ?

Catherine Calvin : Nous voulions parler de notre collaboration sur la science du climat et des données dont dispose la NASA.

Sarah Gallagher : Nous avons beaucoup de projets communs. L’année prochaine, nous recevrons un échantillon d’astéroïde d’une mission de la NASA. Nous avons contribué au satellite SWOT [Topographie des eaux de surface et des océans]qui sortira l’automne prochain. Et nous travaillons sur le Canadarm3 pour la station lunaire Gateway.

PHOTO FOURNIE PAR L’ASC

Sarah Gallagher et Catherine Calvin

Quel est l’avantage de SWOT ?

KC : C’est une collaboration entre la NASA et la France, avec des contributions britanniques et canadiennes. Pour la première fois, il mesurera la quantité d’eau dans les rivières et les lacs, actuellement estimée par les dimensions du terrain. Il est important pour l’énergie et l’agriculture. Il mesurera également l’absorption de chaleur et de carbone des océans.

PHOTO DU SITE WEB ASC

Impression de l’artiste depuis le satellite SWOT

Où l’échantillon d’astéroïde sera-t-il stocké ?

SG : L’instrument laser CSA a permis à la sonde OSIRIS-REx de prélever un échantillon de l’astéroïde Benu en 2020. Nous aurons une partie de cet échantillon. Nous sommes en train de déterminer où il sera entreposé, probablement à notre siège social de Saint-Hubert.

PHOTO DU SITE DE LA NASA

Impression de l’artiste du télescope James Webb

Une autre collaboration importante entre le Canada et les États-Unis est le télescope spatial James Webb.

KC : Bien que je ne sois pas astrophysicien, je me suis quand même levé tôt à Noël pour voir le départ.

SG : Les premières images scientifiques seront dévoilées le 12 juillet. Beaucoup de mes collègues ont bloqué les deux semaines suivantes pour y travailler. Jusqu’à présent, nous n’avions que des images techniques pour confirmer que les outils fonctionnaient correctement. Je m’attends à ce que les photos du 12 juillet soient variées pour montrer les capacités du télescope.

En dehors de l’astrophysique, quels sont les bénéfices spécifiques de l’exploration spatiale ?

SG : Notre programme de développement technologique en médecine spatiale, par exemple, vise à maintenir en bonne santé les astronautes à bord de la station Gateway. En orbite terrestre, un astronaute peut être ramené sur Terre en quelques heures. Mais sur la lune, cela prend quelques jours. La télémédecine est très utile pour les régions éloignées du Canada.

KC : Nous essayons de faire pousser des cultures sur la Station spatiale internationale. Il existe déjà des applications terrestres de ce programme, telles que les lumières LED pour l’agriculture en intérieur et la technologie pour appliquer des engrais près des racines pour en utiliser moins.

SG : Nous avons aussi un programme de culture intérieure en contenants au Nunavut, le projet Naurvik. Des techniciens de la région sont formés pour y faire face.

PHOTO DU SITE WEB ASC

L’expérience de Naurvik au Nunavut

Quelles autres missions sont en préparation ?

KC : Le prochain système de surveillance par satellite fournira une image 3D de l’atmosphère d’ici la fin de la décennie.

SG : L’ASC fournira trois outils pour ce système, deux qui regarderont aux confins de l’atmosphère et un qui regardera vers le bas. Ils piégeront toutes les particules telles que la glace et les aérosols. Ce sont les plus grandes incertitudes sur le réchauffement et le refroidissement de la Terre.

La passerelle sera-t-elle utilisée pour construire une fusée pour Mars ?

SG : Nous étudions les ressources de la lune. L’eau est très lourde, si vous pouvez l’emmener sur la lune, vous économisez le coût du lancement. Il est également possible d’utiliser des matériaux lunaires pour construire des structures. Des expériences d’usinage lunaire sont prévues.

Pensez-vous que vos nominations auront un impact sur l’accès des femmes aux carrières scientifiques ? Avez-vous rencontré des obstacles en tant que femmes dans votre carrière ?

SG : Je suis la première personne à occuper ce poste. Les obstacles étaient subtils. Par exemple, on me demande parfois si je suis doctorant ou professeur assistant. Quand je suis la seule femme à un rendez-vous, je me sens responsable d’être excellente.

KC : Nous avons également rencontré la scientifique en chef canadienne Mona Nemer. Dans mon cas, il y avait déjà une femme dans le poste que j’occupais. Au début de ma carrière, il était plus courant pour moi d’être la seule femme à un rendez-vous. Heureusement que ce n’est plus comme ça.

Un Canadien marchera-t-il sur la lune ?

SG : C’est une attente raisonnable. Nous sommes partenaires du Gateway et nos astronautes s’y rendront.

Vous attendez-vous à voir une mission habitée sur Mars avant de prendre votre retraite ?

KC : Nous allons faire des missions de plus en plus complexes depuis et vers la lune.

DG : Des problèmes très difficiles doivent être résolus, notamment les effets à long terme des radiations sur les astronautes. Je dirais : peut-être.

En savoir plus

  • 5 % des institutions canadiennes observent l’heure du télescope spatial James Webb pendant 24 ans

    Sources : NASA et l’Agence spatiale canadienne

    9,6 milliards de dollars Coût estimé du télescope spatial James Webb, y compris les coûts d’exploitation

    Sources : NASA et l’Agence spatiale canadienne