Au fédéral, les demandes s’accumulent pour l’assurance-emploi, qui ne suffit plus à la tâche et qui laisse les Québécois en difficulté depuis des mois.
“C’est vraiment dommage. C’est décevant qu’il faille attendre si longtemps pour que le dossier soit examiné par un fonctionnaire », se plaint Bernard Gauthier, un retraité de Laval.
Sa demande sera examinée à partir du 3 avril. Depuis, rien n’a changé et sa patience s’épuise, comme beaucoup d’autres.
Depuis près d’un an, M. Gauthier enquête au CISSS de Laval sur les cas contacts de la COVID-19. Il a répondu à l’appel de François Lego et à sa campagne, à laquelle je contribue.
Son contrat expire le 1er avril, lui donnant droit à 22 semaines de prestations d’emploi de 638 $.
Comme il effectue également deux heures de travail indépendant par semaine, son dossier doit être traité manuellement par un fonctionnaire de niveau 2.
Plus de résultats en personne
Et c’est là que Service Canada, qui s’occupe de la répartition des prestations, n’assure plus. M. Gauthier a appelé Service Canada à plusieurs reprises. Il s’y est d’ailleurs rendu plusieurs fois. Il est impossible de parler à un employé de niveau 2 connu.
“Un des employés que j’ai vus m’a dit que mon dossier était en haut de la pile et que la pile contenait au moins 400 autres dossiers”, a-t-il dit.
Mais pour l’instant, 85 jours après sa demande, Bernard Gauthier n’a pas encore reçu un sou des 14 036 $ qui lui seront versés par l’État fédéral.
Le ministre informé
“Je suis juste content d’avoir des économies. Mais qu’est-ce qui se passe avec l’État fédéral ? demande le pré-retraité.
Comme un malheur n’arrive jamais seul, Karina Gould, également responsable du fiasco des passeports, est responsable de la distribution de l’assurance-emploi au bureau de Justin Trudeau.
“Je suis conscient des retards”, a reconnu le ministre de la Famille, de l’Enfance et du Développement social par l’intermédiaire d’un porte-parole.
Le ministère indique qu’au 18 juin, 128 739 demandes de prestations d’assurance-emploi étaient en attente.
En 2021-2022, Service Canada a envoyé un avis de paiement ou de non-paiement dans un délai de 28 jours ou moins pour 85,4 % des demandes.
Du 1er avril au 31 mai 2022, le pourcentage a chuté à 71,8 %.
Depuis janvier, Service Canada a embauché plus de 950 nouveaux employés pour le centre d’appels et le traitement des demandes.
Or, « le traitement des demandes complexes prend parfois plus de six semaines », admet Service Canada.
Banalités d’usage
Au cabinet du ministre, on essaie d’être rassurant en proposant les banalités habituelles.
« Service Canada reste déterminé à travailler directement avec toutes les personnes concernées pour résoudre ces problèmes complexes le plus rapidement possible », a déclaré Mohamed Hussein, porte-parole du ministre Gould.
Il a ajouté que le gouvernement Trudeau “reconnaît les préoccupations et les difficultés que les retards dans la création d’emplois peuvent créer pour les familles canadiennes”.
- La norme à Service Canada est d’envoyer des avis de paiement ou de non-paiement dans les 28 jours suivant le dépôt de la demande dans 80 % des cas.
Déclin généralisé de la gestion
La situation de Bernard Gauthier, qui attend depuis 85 jours une réponse de Service Canada pour obtenir son chômage, n’a rien d’étonnant pour un organisme qui informe et protège les droits des chômeurs.
“La plupart de nos dossiers impliquent actuellement des retards administratifs”, a déclaré Pierre Serre, porte-parole du Conseil national du chômage.
S’il y a certainement des problèmes de délais, il y a aussi et surtout un « problème de gestion » à Service Canada.
“On ne sait pas pourquoi, il y a un déclin général et un embouteillage terrible”, a déclaré l’activiste, qui est aussi écrivain et ancien homme politique.
Souvent, les retards administratifs dans la « grande machine de Service Canada » sont liés au fait que le dossier n’est pas attribué à un fonctionnaire.
Malgré le taux très bas
« Y a-t-il un manque de personnel ? » Comme on ne peut pas dire qu’ils sont surmenés, le taux de chômage est extrêmement bas. Mais ils le sont quand même », poursuit celle qui est aussi la coordonnatrice de la Commission chômage de Montréal.
Photo tirée de Twitter
Karina Gould. ministre responsable
Une hypothèse expliquant les retards est que le vol d’identité à grande échelle complique la vie des employés de l’assurance-emploi. Cela a été confirmé par le cabinet de la ministre Karina Gould, responsable de Service Canada.
“On parle de dizaines de milliers de fausses requêtes générées par des logiciels piratés”, a déclaré Pierre Serre, qui s’est appuyé sur les résultats d’une enquête pour le confirmer.
Ces fausses demandes entraînent des enquêtes par des agents de Service Canada qui ne se conforment tout simplement pas et bloquent de nombreuses demandes.
Lorsqu’un dossier est bloqué, Pierre Céré vous recommande de demander une prestation via le formulaire en ligne.
“Cela prend 20 secondes, puis un agent vous appelle. En général, cet agent est plus expérimenté que celui qui vous répond après des heures d’attente au téléphone », précise l’expert.
L’agent pourra alors intervenir et peut-être, qui sait, régler l’affaire.
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