France

L’Oeil Régional – Le journal de la Vallée du Richelieu

29 juin 2022

Participation au livre Insectes et arachnides

Gilles Arbour, pour l’amour des insectes

Par : Olivier Denomy

Paru en mai, le livre « Insectes et araignées » de la biologiste Marie-Claude Wellett se veut une porte d’entrée pour le jeune public sur l’univers fascinant mais souvent méconnu de ce qu’on appelle communément les « bestioles » au Québec. Reconnu internationalement, le naturaliste d’Otterburn Park, Gilles Arbour, a lui-même contribué au projet en fournissant certaines des photos utilisées pour illustrer ce livre.

L’Œil Régional a rencontré Gilles Arbour, grand amateur de plaisir contagieux, chez lui pour évoquer notamment le livre. ” [L’autrice] Marie Claude [Ouellet] est une lointaine connaissance depuis plusieurs années, mais c’est l’éditeur qui m’a contacté pour obtenir l’autorisation d’utiliser certaines de mes photos. Je suis toujours contente de m’impliquer dans ce genre de projet, alors j’ai accepté ! Sur les années soixante du livre se trouvent une poignée d’images de M. Arbour, tirées de sa banque avec des photographies accumulées au fil des ans. “Plusieurs ont été emmenés dans ma cour !” La beauté des insectes et des araignées est qu’il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour les trouver ! »

Ce coléoptère (Cucujus clavipes), trouvé à Otterburn Park, a été étudié pour sa résistance au froid, car il peut survivre sous forme de larve à des températures allant jusqu’à -100°C, explique Gilles Arbour. Photo de Gilles Arbour

Bien qu’il ne l’ait pas écrit, M. Arbour estime que le livre est une excellente introduction pour ceux qui veulent en savoir plus sur les insectes et les araignées, mais aussi sur la faune en général. « Un livre comme celui-ci est génial ! Je l’ai montré à mes petits-enfants de 7 et 10 ans et ils ont été étonnés de tout ce qu’ils ont appris. Il s’adresse à un jeune public, mais les adultes apprennent aussi beaucoup. Ça part de zéro, car pour beaucoup tout est une erreur et répond à des questions que je me posais quand j’étais plus jeune », explique le naturaliste. “Cela montre à quoi servent les insectes, à part nous piquer et nous attaquer en été. »

Armé de son appareil photo et de son objectif macro, Gilles Arbour ne cache pas son plaisir de « montrer des choses qu’on ne remarquerait pas autrement » sur divers insectes, au point d’attraper une araignée de 0,5 mm ! “Mais dans le livre on apprend qu’il y en a un encore plus petit, 0,2 mm ! Et quand j’ai affaire à des insectes ou des araignées un peu plus gros, cela me permet de montrer des détails. […] Pour moi, une photo réussie n’est pas seulement esthétique, mais aussi s’il y a quelque chose d’éducatif à apporter », explique-t-il.

Mysmena quebecana, la plus petite araignée au Canada, ne mesure que 0,5 millimètre! Photo de Gilles Arbour

Une approche différente Bénéficiant d’une grande reconnaissance, notamment au Québec, mais aussi au Canada et à l’international pour ses photographies, Gilles Arbour se considère avant tout comme un amoureux de la nature qui a su consacrer tout le temps qu’il voulait à sa passion lorsqu’il a pris sa retraite en 2014. « J’aime la nature en général, mais les insectes en particulier ! A 10 ans j’avais une collection de libellules, et à 12 ans on m’a fait construire une fourmilière. C’est quelque chose qui m’accompagne depuis longtemps. Je ne suis ni biologiste ni photographe [de formation] “J’étais un homme d’affaires – mais quand j’ai pris ma retraite, j’ai commencé à tirer beaucoup d’oiseaux, puis d’insectes”, se souvient-il.

Cette photo couleur montre une abeille locale (Halictidae – Augochlora pura) se nourrissant d’une fleur d’aster au mont Saint-Hilaire. Photo de Gilles Arbour

Il est aussi l’initiateur d’un groupe Facebook de photos d’insectes du Québec, où il espérait trouver à l’époque « peut-être une cinquantaine d’autres salauds qui l’aiment autant que [lui] “Mais la page a fait beaucoup plus de bruit que prévu.” Nous avons déjà 6 000 membres ! Je suis surpris de voir autant de personnes qui s’intéressent à la nature et c’est fascinant de voir le taux de participation élevé sur cette page ! Une autre page, celle-ci temps dédié aux photos d’araignées au Québec, compte 12 000 abonnés.

“Mon but dans tout ce que je fais est de rendre les gens intéressés par la nature. Nous défendons ce que nous aimons, nous aimons ce que nous savons, nous savons à quoi nous sommes exposés. C’est ainsi que les gens peuvent développer une âme de conservation “, a-t-il déclaré. Au passage, il effleure le message trop négatif de certains mouvements écologistes. “Il condamne beaucoup de choses, mais il est trop lourd, trop gros pour penser à tous les problèmes de la planète. Et enlever les sacs en plastique et les pailles ne fera pas une grande différence. Je préfère vraiment l’approche de l’attachement à la nature : c’est plus intéressant comme ça. Moi-même, plus j’en sais sur les insectes, plus j’en vois partout ! Non pas qu’il y en ait plus qu’avant, mais maintenant je m’en rends compte ! Sa mission est d’aider à « développer un lien viscéral avec la nature » en exposant le public à « la richesse de ce qui nous entoure ». « Nous n’avons pas besoin de partir en safari : nous pouvons simplement aller dans notre jardin ou au parc pour faire des découvertes ! Il insiste. Et cette philosophie ne s’applique pas qu’à ses photos, celle qui a vécu pendant huit ans dans une maison bordant un grand terrain digne d’un parc où la biodiversité est la bienvenue.

Ce coléoptère (Cucujus clavipes), trouvé à Otterburn Park, a été étudié pour sa résistance au froid, car il peut survivre sous forme de larve à des températures allant jusqu’à -100°C, explique Gilles Arbour. Photo de Gilles Arbour

De nombreux projets Photographe naturaliste recherché, Gilles Arbour s’est employé ces dernières années à inventorier plus de 200 espèces présentes dans le marais du Bois-des-Patriotes à Saint-Denis-sur-Richelieu avec l’aide du biologiste arachnologue Pierre Paquin pour le Centre de la nature mont Saint-Hilaire, propriétaire des lieux. “Nous avons maintenant terminé ses recherches et il y a des espèces que j’ai été le premier à trouver en Amérique du Nord, mais j’ai reçu des offres pour une tourbière à Brosar et deux à Granby. Ajoutez à cela sa participation aux photos pour divers guides, dont le nouveau guide des araignées du Québec, qui doit paraître cet automne, ainsi que pour divers articles scientifiques à travers le monde.

Le livre “Insectes et arachnides” de la collection “Mon Mégadoc” de Méga Éditions est disponible partout à partir du 19 mai.