Depuis plusieurs années, à l’approche du 1er juillet, le même rituel s’empare des médias. Avec raison. A l’appui des données alarmantes, les signalements se multiplient pour une crise du logement qui s’aggrave avec le temps.
La pandémie, avec le travail à distance nécessitant plus d’espace et la délocalisation en régions, l’a certainement exacerbée. Mais cette crise existait bien avant cela. La nouveauté, c’est qu’il étend ses tentacules partout au Québec.
La même liste bien connue de problèmes dont les Montréalais ont déjà souffert fait maintenant rage bien au-delà de la métropole :
Pourcentage instable de logements inoccupés. Pénurie croissante de logements abordables. Envahissement des loyers lucratifs Airbnb, qui pour les locataires très stables interrompent leur accès.
Multiplication depuis longtemps des réparations, souvent précédées de guerres d’épuisement traumatisantes des propriétaires contre des locataires qui veulent expulser, relouer au prix fort ou revendre leurs logements en appartements.
Des loyers de plus en plus abusifs sont en hausse. Un tribunal administratif du logement, d’une lenteur folle pour les locataires concernés. Pénurie chronique de logements sociaux. Etc.
Trop petit
Cependant, à part nier jusqu’à récemment l’existence même de la crise du logement, qu’ont fait les décisions politiques qui ont changé au fil des ans aux niveaux municipal, provincial et fédéral?
Le résultat visible est l’aggravation de la crise, la réponse est malheureusement évidente : trop peu. Pourquoi? Premièrement, pour presque toutes les formations politiques, en raison de leur penchant pour le marché libre.
Deuxièmement, leur profonde ignorance de ce que sont, par expérience personnelle, les effets toxiques de cette crise sur la santé mentale, physique et financière de ceux qui en souffrent de plus en plus.
Troisièmement, sur un plan sociétal plus large, le Québec est une société aussi individualiste qu’ailleurs en Occident, l’appât du gain. Ou, en d’autres termes, la cupidité et la cupidité de trop de propriétaires “entrepreneurs” dont la mission est d’exploiter le “marché locatif” au maximum.
On ne parle donc pas ici de “petits propriétaires” – ceux qui ont un duplex, un triplex ou un petit immeuble. Ceux qui prennent soin de leur propriété à l’intérieur comme à l’extérieur et dont les locataires sont stables.
machines à gagner de l’argent
Le vrai problème, ce sont ceux qui en font du “business” dans le seul but de maximiser leurs profits avec un minimum de temps et d’entretien.
Leurs propriétés ne sont pas utilisées pour améliorer la qualité de vie de leurs concitoyens et des communautés environnantes. Ce sont des machines pour leur enrichissement. Rapidement, beaucoup et sans se soucier des effets néfastes de leurs actes sur les autres et encore moins sur la société.
La cupidité des autorités municipales suit. Fermer les yeux sur les rénovations leur a longtemps permis d’accumuler une poignée de taxes municipales en laissant des maisons se transformer en appartements.
En attendant, les élections approchent. Chaque pays présentera son “plan” pour contrer la crise du logement. Aujourd’hui, André Laforest, le ministre de l’Habitation, doit lui aussi faire une déclaration.
Au vu de l’inaction passée et présente, notamment d’un registre locatif qui n’existe pas encore, de nombreux locataires auront la patience de respecter leurs engagements…
Add Comment