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Vote de confiance : pourquoi est-il si risqué pour Elizabeth Bourne de se plier à l’exercice ?

Elizabeth Bourne se soumettra-t-elle à un vote de confiance ? La question reste ouverte, comme l’a confirmé Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement ce mercredi 29 juin. Et il y a une raison, la décision n’est pas sans risque pour le premier ministre.

Prendra-t-il le risque ? Alors que le vote de confiance à l’Assemblée nationale est une tradition républicaine, Elizabeth Bourne, dans le partage actuel du pouvoir en demi-cycle, joue un rôle là où le Premier ministre ne le considère habituellement pas comme une formalité à une forte majorité.

Pour l’instant, la décision ne semble pas avoir été prise. La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a également confirmé ce mercredi 29 juin sur BFM : “Pas parce que ce n’est pas écrit dans le décret, le premier ministre ne peut pas le faire. FAIRE”.

Vote de confiance à l’Assemblée nationale : “Pas parce que ce n’est pas écrit dans le décret que le Premier ministre ne peut pas le faire”

Olivia Gregoire (@oliviagregoire), porte-parole du gouvernement\u2935 pic.twitter.com/jJ0S6nM2dW

— BFMTV (@BFMTV) 29 juin 2022

Elle a cité un décret publié le même jour au Journal officiel, détaillant l’ordre du jour de la convocation du parlement, sans faire mention d’un vote de confiance. Pourtant, le premier ministre peut toujours changer d’avis, et selon Olivia Grégoire, “aucune décision n’a été prise”.

Qu’est-ce qu’un vote de confiance ?

Quels sont donc les enjeux de l’exercice pour Elizabeth Bourne, qui prononcera son discours politique commun devant l’Assemblée le 5 juillet ? Pour comprendre, il faut maintenant comprendre en quoi consiste un vote de confiance.

L’adoption traditionnelle, lorsqu’un gouvernement est mis en place, un vote de confiance permet au Premier ministre de s’assurer qu’il a la confiance de l’Assemblée. Le vote de confiance, en revanche, n’est pas inscrit dans la constitution, comme le rappelle Bruno Dogeron, professeur de droit public à l’université Paris-Cité, interrogé par France Culture.

“La constitution stipule que le Premier ministre assume la responsabilité du gouvernement, sur une déclaration de politique générale ou sur un programme. Toute la question est de savoir s’il y est obligé ou non”, a-t-il expliqué.

Pourquoi Elizabeth Bourne joue-t-elle si bien ?

En effet, depuis 1993, tous les gouvernements ont demandé ce vote, même si la constitution ne les oblige pas à le faire. La BFM rappelle que Michel Rocker, Edith Cresson et Pierre Beregovoi ne l’avaient pas fait auparavant entre 1988 et 1993, en raison de la composition de l’Assemblée nationale à l’époque, qui donnait une majorité relative au gouvernement.

La situation est similaire avec Elizabeth Bourne. La majorité présidentielle à l’Assemblée nationale n’étant que relative, avec 245 sièges dans la coalition Ensemble, sur un total de 577, le premier ministre prendrait le risque de voir une opposition de masse voter en faveur du “Non”.

Selon les calculs de L’Express, il faudrait qu’au moins tous les députés LR s’abstiennent pour que le Premier ministre gagne en confiance lors du vote, faute de quoi, avec une opposition quasi certaine des députés Nupes et RN, il risque de ne pas recevoir la confiance de l’assemblée. Si un tel scénario se produit, ce ne sera pas sans conséquences puisqu’elle sera alors contrainte de démissionner.