France

L’Europe échouera-t-elle dans le projet de train à grande vitesse GPSO ?

Cela n’arrête pas le projet, mais cela risque de le fragiliser. L’Union européenne a annoncé mercredi qu’elle ne financerait pas le projet ferroviaire du Grand Sud-Ouest (GPSO). C’est une manne de 2,8 milliards d’euros pour l’ensemble du projet, qui prévoit une ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse et une autre entre Bordeaux et Dax, qui s’évanouit…

Le GPSO ne fait pas partie des 135 projets d’infrastructure financés par l’Union européenne dans le cadre du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE). Dans un communiqué publié jeudi par la mairie de Bordeaux, la présidente de la commission des transports du Parlement européen, l’écologiste Karima Deli, estime que “nous n’avons pas retenu le projet d’une nouvelle ligne à grande vitesse GPSO” car “il semblait nous que les alternatives basées sur les lignes existantes, permettraient de réduire significativement l’empreinte écologique du projet et seraient plus utiles pour la mobilité quotidienne des riverains”.

Nous ne financerons pas le projet de LGV Bordeaux-Toulouse/Bordeaux-Espagne 🚄 GPSO. Ce projet est extrêmement coûteux, impopulaire et présente peu d’avantages. Privilégions la modernisation des lignes existantes ! @PierreHurmic pic.twitter.com/FYpznTxmV1

– Karima Delli (@KarimaDelli) 30 juin 2022

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“Un gros projet inutile”, selon Hurmic

Il suffisait au maire de Bordeaux, Pierre Hurmick, de demander l’abandon du projet. L’écologiste, l’un des plus fervents détracteurs du GPSO, tire la sonnette d’alarme depuis des mois sur un plan financier incomplet pour mener à bien le projet. “L’Etat doit maintenant prendre en compte que ce grand projet inutile et destructeur pour la biodiversité doit être stoppé”, a déclaré Pierre Hurmic. Autre écologiste, le nouveau député de la 2e circonscription de la Gironde, Nicolas Thierry, souhaite lui aussi que le projet soit stoppé face à des financements devenus “insoutenables”. »

GPSO ne figurera pas sur la liste des projets retenus par la Commission européenne. Sans le soutien de l’Europe, le plan de financement, déjà insuffisant, serait insoutenable. Les conséquences financières pour les collectivités concernées peuvent être catastrophiques 1/2

— Nicolas THIERRY (@nthierry) 29 juin 2022

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Le conseil départemental de la Gironde, présidé par le socialiste Jean-Luc Glaizet, un élu du sud de la Gironde, où l’opposition au projet est forte, estime que “la Commission européenne vient de provoquer un déraillement sans précédent de ces projets”. Et d’ajouter qu’« il interpelle surtout la pertinence, ainsi reconnue, de travailler plutôt sur le développement de lignes existantes qui ont moins d’impact sur l’environnement et sont plus utiles aux déplacements quotidiens des habitants. »

Dans un communiqué, le collectif des élus centristes et indépendants du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a toutefois nuancé cette annonce. “Il ne s’agit nullement d’un refus de l’Europe de financer le projet : la Commission n’a maintenu que les projets avancés en phase travaux, ce qui n’est pas encore le cas du GPSO.” »

Mise en service prévue en 2032

Le montant du projet LGV est estimé à 14,3 milliards d’euros, avec un financement prévu à 40 % par l’État, 40 % par les collectivités territoriales d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine et 20 % par l’Union. La subvention européenne représente donc une somme de 2,8 milliards d’euros pour les deux lignes, dont deux milliards d’euros pour la seule branche Bordeaux-Toulouse, la plus chère des GPSO.

Le démarrage du chantier de la branche entre Bordeaux et Toulouse, qui prévoit la création de 222 km de ligne nouvelle et des travaux pour les équipements ferroviaires au sud de Bordeaux et au nord de Toulouse, devrait être donné début 2024, pour la mise en service de la les premiers trains sont attendus en 2032. L’ambition est de réduire le temps de trajet en train entre Toulouse et Paris de 4h10 actuellement à 3h10 avec la LGV.

“Le projet GPSO continue”

En septembre prochain, un nouvel appel à projets sera lancé par la Commission européenne. Et c’est là que les responsables du GPSO espèrent revenir dans les rangs des financements européens. “Le résultat de l’appel à projets 2021 ne préjuge en rien de la suite qui sera réservée par la Commission aux futures demandes de subventions européennes pour le projet ferroviaire du Grand Sud-Ouest, qui comprend les installations ferroviaires au sud de Bordeaux. Concernant l’intérêt porté au projet GPSO, le Professeur Carlo Cecchi, Coordinateur pour l’Union Européenne du Corridor Atlantique, a déclaré le 29 juin à Lyon lors des Journées Européennes de Connecter l’Europe que le projet GPSO est considéré comme particulièrement important, rappelle Etienne Guillot, le préfet de la Haute-Garonne, coordinateur du Grand Projet Sud-Ouest.

Dans un communiqué, les services gouvernementaux précisent que « le projet GPSO se poursuit et franchira une étape importante ce lundi 4 juillet, avec la réunion d’installation de la société GPSO, qui sera suivie de la réunion du comité de pilotage. L’Etat reste pleinement mobilisé aux côtés des collectivités signataires du plan de financement pour concrétiser ce projet majeur de mobilité quotidienne et d’aménagement du territoire.

Même si pour Pierre Hurmic « il est temps de préparer, avec toutes les collectivités, partenaires et territoires, une candidature à l’alternative GPSO : la modernisation des lignes existantes. »