L’Otan s’est inquiétée jeudi de l’influence croissante de Moscou et de Pékin sur son flanc sud, notamment en Afrique, mettant en garde contre le risque de déstabilisation dans ces zones.
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La session finale du sommet de l’alliance atlantique, qui s’est achevée jeudi à Madrid, a porté dans la matinée sur “les menaces et défis au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et au Sahel”.
Les pays de l’Alliance se sont notamment penchés sur la question de “la recherche par la Russie et la Chine de réalisations politiques, économiques et militaires dans le sud” sur le territoire des pays de l’OTAN, a expliqué le secrétaire général de l’Alliance. Jens Stoltenberg, clôturant la réunion.
Un “défi grandissant” que l’Otan veut relever notamment “à travers plus d’assistance” à ses partenaires de la région, a-t-il indiqué, annonçant notamment un plan de soutien à la Mauritanie pour aider le pays africain à sécuriser ses frontières et à lutter contre l’immigration clandestine et terrorisme.
La présence croissante de mercenaires russes du groupe Wagner au Mali ou en République centrafricaine a été condamnée par plusieurs pays occidentaux.
De son côté, la Chine gagne en influence dans la région, notamment en matière économique.
La nouvelle feuille de route de l’OTAN, qui n’a pas été révisée depuis 2010, mentionne pour la première fois “l’intérêt stratégique” du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Sahel.
“L’insécurité dans ces régions a un impact direct sur la sécurité des alliés”, a insisté M. Stoltenberg.
Parmi les menaces non traditionnelles en jeu, notamment dans ces régions, l’Otan cite le terrorisme, mais aussi « l’instrumentation » de l’immigration clandestine.
L’Espagne, qui a fait de la lutte contre les menaces sur le flanc sud de l’OTAN sa priorité absolue pour ce sommet, a salué la décision de l’alliance d’y faire face.
“Nous avons réussi à ce que le flanc sud (de l’Otan) ne soit pas oublié” dans la feuille de route de l’alliance, a salué jeudi le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sánchez.
Madrid craint notamment que l’instabilité au Sahel, où plusieurs groupes djihadistes sont très actifs, n’entraîne une augmentation de l’immigration clandestine.
Située à quelques kilomètres des côtes africaines, l’Espagne est devenue l’une des principales portes d’entrée de l’immigration illégale vers l’Europe.
Ses enclaves de Ceuta et Melilla, situées sur le territoire du Maroc, sont particulièrement soumises à une forte pression migratoire, qui débouche parfois sur des scènes de violence.
Au moins 23 migrants africains sont morts le 24 juin alors qu’ils tentaient de pénétrer de force dans l’enclave de Melilla en compagnie d’environ 2 000 personnes.
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