France

Ce qui a poussé Elizabeth Bourne à refuser un vote de confiance à l’Assemblée nationale

La Première ministre Elizabeth Bourne, à Matignon, Paris, le 19 juin 2022. ELIOT BLONDETT / SIPA

Le principe de précaution a finalement prévalu. Le doute plane depuis plusieurs semaines sur les intentions de la Première ministre Elizabeth Bourne : demandera-t-elle – ou non – un vote de confiance des députés à l’issue de sa déclaration de politique générale, qui doit être prononcée à l’Assemblée nationale mercredi 6 juillet ?

A deux jours de l’échéance, cette question stratégique est enfin résolue. “Le Premier ministre ne cherchera pas la confiance des parlementaires”, a annoncé le nouveau porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, lundi après-midi 4 juillet, à l’issue du premier conseil des ministres du gouvernement Bourne 2. Ainsi, mercredi à 15 heures, le Premier ministre prononcera un discours devant les députés ; puis une autre le soir, devant les sénateurs, suivie d’un débat sans vote.

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Une décision qui découle directement du rapport de force à l’Assemblée nationale : après les législatives, le camp présidentiel dispose d’une petite majorité relative. En réunissant tous les députés Renaissance, MoDem et Horizons, les forces pro-Macron ne disposent que de 250 sièges, bien en deçà de la majorité absolue fixée à 289. Et moins que l’opposition, qui compte au total 327 députés.

“Nous avons compté le nombre de voix que le Premier ministre aurait certainement obtenues en cas de vote de confiance, nous ne sommes pas sûrs que les conditions de cette confiance auraient été réunies”, a admis M. Veran. Avant d’ajouter : « La confiance ne se décrète pas a priori, elle se construit patiemment texte par texte. »

“Ce serait suicidaire”

Ironie du sort, les remaniements intervenus lundi matin ont encore compliqué l’obtention d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Puisque plusieurs députés de la majorité présidentielle – comme les macronistes Roland Lescure (un Français résidant hors de France) et Hervé Berville (Côte d’Armor), ou encore les modernes Jean-Noël Barot (Yvelines) et Agnès Firmin Le Baudo (Seine- Maritime) – entrée au gouvernement. Cela entraînait une perte de voix en cas de vote, leurs députés n’ayant accès au Palais-Bourbon qu’après un délai d’un mois.

Faute de troupes suffisantes, Elizabeth Bourne a refusé un tel vote, dont les conséquences potentielles auraient pu être très graves. Conformément à l’article 50 de la Constitution, un vote négatif entraînerait en effet la démission du gouvernement. Et donc aussi de son chef.

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