Le long de la Route Centre-Europe Atlantique (RCEA), en février 2011. THIERRY ZOCCOLAN / AFP
En service sur un tronçon de 30 kilomètres entre Montmarault et Chemilly, dans le département de l’Allier, l’A79 est la première autoroute de France à péage “flux libre”. Enfin, en octobre, elle reliera Montmarro à Digoan (Saône-et-Loire) sur 88 kilomètres et remplacera la dangereuse route N 79 / Centre-Europe-Atlantique (RCEA) en reliant l’A71 à l’A6.
Après sa mise en place en Autriche, en Espagne, au Portugal et aux États-Unis, ce nouveau type de péage en France s’apparente aux portails écotaxes des poids lourds. Pas besoin de s’arrêter ou de prendre une contravention : le passage sous des détecteurs équipés de caméras infrarouges permet d’identifier les véhicules quelles que soient les conditions météorologiques.
A lire aussi : Crash de l’Allier : RCEA, l’une des routes les plus dangereuses de France
Quatre modes de paiement sont proposés : une carte de télépéage classique, un abonnement “plaque” créé à partir d’un compte Internet et débité tous les mois. Sans abonnement, deux options : le paiement s’effectue en ligne avant, pendant et après le trajet ou sur 16 bornes de paiement électronique installées aux zones, échangeurs et bretelles de l’A79.
Moins d’émissions de CO2
“Ce procédé, inscrit dans la démarche de la loi d’orientation mobilité 2019, facilite la vie et préserve l’environnement”, explique Isabelle Lascharme, directrice d’exploitation de l’Autoroute de liaison Atlantique Europe (Aliae), filiale du groupe Eiffage et maître d’ouvrage. et concessionnaire pour une durée de quarante-huit ans.
Lire aussi : Un accident de bus en Saône-et-Loire fait plusieurs morts
« En supprimant l’arrêt et le redémarrage des véhicules thermiques aux barrières, nous contribuons à une réduction significative des émissions de CO2. Un véhicule lourd chargé de 40 tonnes consomme 2 litres de carburant supplémentaire lorsqu’il franchit une barrière », poursuit Mme Lascharme, qui met en avant la fluidité de la circulation, la réduction des risques d’embouteillages et la réduction des sols artificiels. « En évitant la création d’une barrière de péage, nous économisons la consommation de 16 hectares de terrain. Côté tarif, une modulation a été mise en place avec des tarifs dégressifs en fonction des émissions de CO2 pour les véhicules légers, mais aussi pour les poids lourds. L’approche se traduit par des “prix inférieurs aux pratiques habituelles”.
Avec 15 000 véhicules par jour, dont 40 % de poids lourds, le record trentenaire de sécurité du RCEA touche à sa fin après 130 morts recensés depuis 2008 entre Moulins et Mâcon, dont en 2016 douze personnes de nationalité portugaise dans une camionnette.
Jean-Yves Wief (Moulin, correspondant)
Add Comment