France

Laurence Boon, Barclays pour l’Europe

Laurence Boone devait être nommée lundi 4 juillet ministre de l’Europe, alors que tant bien que mal le cycle européen se referme pour Emmanuel Macron, celui qui s’était ouvert avec son discours de la Sorbonne en septembre 2017. Non que les ambitions du président de la République aient toutes abouti. , mais la guerre en Ukraine a changé la donne. Le départ de Clément Bon, qui a largement participé à la rédaction de ce discours, est à cet égard symbolique.

L’objectif de souveraineté européenne souhaité par la France est aujourd’hui partagé par une grande partie de ses partenaires européens. Bien sûr, il existe encore des différences dans la manière dont ils peuvent aborder ce sujet, mais aucun des vingt-sept ne conteste la nécessité d’une plus grande autonomie.

Lire le portrait : Article réservé à nos abonnés Lawrence Boone, Economiste Sans Frontières

Sécurité énergétique, sécurité alimentaire, Europe de la défense, élargissement, nouveau cadre budgétaire : telles seront les priorités des Européens dans les semaines à venir. De ce point de vue, le choix d’un spécialiste des questions économiques a un certain sens. A 53 ans, cette initiée est chef économiste et secrétaire générale adjointe de l’Organisation de coopération et de développement économiques depuis 2018. Après avoir travaillé pour plusieurs grandes banques anglo-saxonnes (Barclays, Bank of America Merrill Lynch), elle a rejoint l’Élysée en juin 2014, pour deux ans, comme conseiller économique, en remplacement d’Emmanuel Macron, qui a quitté Bercy. “J’ai laissé des penchants”, avait-elle déclaré au Monde à l’époque.

Définir la communauté politique européenne

Dans ses nouvelles fonctions, la question du gaz doit figurer en tête de l’agenda. Aujourd’hui, une douzaine d’États membres ont déjà coupé ou réduit l’approvisionnement en gaz de la Russie au motif que le gazoduc Nord Stream 1 est en cours de maintenance. Le 11 juillet, “nous saurons si ces opérations de maintenance doivent durer plus longtemps que prévu ou non”, ironise un diplomate. Si cela se produit, les Européens se retrouveront face à une nouvelle crise.

La commission se prépare au pire – que Poutine coupe le gaz – et doit faire des propositions en ce sens le 20 juillet. Le choix est difficile : soit les consommateurs et les producteurs devront se séparer – ce qui signifie une épidémie de chômage partiel -, soit les États-Unis devront décider de faire fonctionner leurs usines avec autre chose que du gaz, c’est-à-dire du fioul ou du charbon, et ralentir sa lutte contre le réchauffement climatique.

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