THOMAS SAMSON via Getty Images Le député Olivier Serva devant l’Assemblée nationale à Paris, le 23 mars 2021.
POLITIQUE – “Mauvais signal”, “punition électorale”, “mépris”… Les élus d’Outre-mer ont condamné ce lundi 4 juillet le passage du ministère de l’Outre-mer sous la tutelle de l’Intérieur, le premier depuis les cinq ans de Nicolas Sarkozy -mandat d’un an.
Fraîchement nommé, le ministre délégué Jean-François Carrenko voit son portefeuille stigmatisé : les politiques étrangères, toutes étiquettes confondues, mettent en cause un mélange entre le problème sécuritaire et la gestion au quotidien des deux millions de Français vivant hors métropole.
Pour le député réunionnais (LFI) Perceval Gaillard, “c’est comme si La Réunion se limitait aux questions de sécurité”.
Depuis 2012 et l’élection de François Hollande, le ministère des Affaires étrangères est séparé de Beauvois.
Avant Jean-François Carrenko, Yaël Braun-Pivet, la ministre de l’Outre-mer – élue présidente de l’Assemblée nationale – avait un ministère à part entière.
Ce changement envoie un “mauvais signal” selon Olivier Serva, député (DVD) de La Réunion, qui voit un message “sûr” dans ce rattachement à Bovo, plutôt qu’au premier ministre.
Le placement du ministère sous la délégation de Gérald Darmanen est vécu comme une “punition électorale”, selon le tweet de Victorin Lourel, ancien ministre de l’outre-mer sous François Hollande (2012-2014), alors qu’outre-mer il y a une majorité placée à la tête de Jean-Luc Mélenchon, puis de Marine Le Pen lors de la présidentielle.
Jean-François Carrenko est tout équipé pour être ministre de l’#OM. Mais sa nomination à la tête du ministère dévolu à l’intérieur est une régression pour l’#OM en raison de la sanction électorale. Le message envoyé : la commande d’abord, nous vous conseillerons pour le reste.
— Victorin Lurel (@VictorinLurel) 4 juillet 2022
Le “mépris” du gouvernement pour les territoires d’outre-mer
“D’abord l’Ordre, le reste on avisera”, a ironisé le sénateur (PS) de la Guadeloupe.
Au milieu d’une crise économique, sanitaire et sociale exacerbée par la méfiance à l’égard du vaccin Covid, les élus pointent le “mépris” du gouvernement pour les territoires d’outre-mer.
“Les territoires d’outre-mer méritent bien plus que d’être considérés comme une ‘France de seconde zone'”, a déploré la députée réunionnaise (DVD) Nathalie Bassir auprès de l’AFP.
Cependant, les élus ont salué le profil de Jean-François Carrenko, ancien préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon (1996-1997) et de la Guadeloupe (1999-2002), devenu président de la Commission de régulation de l’énergie.
Alors Olivier Serva a salué “quelqu’un qui écoute, un homme de dialogue et qui a une certaine appétence pour l’outre-mer”. Mais il regrettait de n’être “pas un Ultramarine”.
L’accès à l’eau potable, les effets sanitaires et environnementaux des pesticides aux Antilles et le chômage des jeunes font partie des dossiers chauds qui attendent Jean-François Carrenko, qui se rendra jeudi à La Réunion avec Gérald Darmanin pour son premier déménagement.
À voir aussi sur Le HuffPost : Départs, retours et nouveaux visages… Découvrez le nouveau gouvernement Bourne
Add Comment