Le premier ministre François Legault a exigé mardi des excuses du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) à la suite d’un jugement reprochant à Radio-Canada d’avoir mentionné le titre du livre à l’antenne. nègres blancs d’amérique par Pierre Vallier.
M. Legault a brièvement commenté la décision du régulateur, qui a suscité la controverse depuis sa publication la semaine dernière.
«Je pense que c’est le CRTC qui devrait s’excuser», a déclaré le premier ministre lors d’une conférence de presse à Venise-en-Québec, diffusée par la Coalition avenir Québec (CAQ), à l’annonce d’une candidature locale.
Le cabinet du Premier ministre a depuis précisé pourquoi M. Lego avait demandé ces excuses.
“Parce que selon nous, et de l’avis d’un grand nombre de journalistes et d’anciens journalistes, cette décision du CRTC est une grave atteinte à la liberté d’expression”, a répliqué le presseur Ewan Sowes. La liberté de la presse est fondamentale au Québec et elle est essentielle pour préserver l’indépendance des journalistes. »
Dans une lettre reçue de L’obligationLa ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy, a demandé mardi à son homologue fédéral, Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine canadien, d’intervenir pour empêcher toute ingérence dans la liberté des journalistes, suite à la décision du CRTC.
“C’est désormais une porte qui ouvre une censure désincarnée de tout contexte, permettant une meilleure compréhension du passé”, écrit-elle. Il est donc de notre responsabilité collective envers les générations actuelles et futures de permettre la libre circulation des savoirs et des histoires qui nous ont façonnés, notamment dans le cadre des émissions d’affaires publiques. »
Lundi, Mme Roy exprimait déjà sa solidarité avec les membres des médias touchés par cette décision.
Dans sa décision de la semaine dernière, le CRTC a demandé à Radio-Canada de s’excuser suite à une plainte citant la mention à l’antenne en 2020 du “mot en n” contenu dans le titre du livre de M. Vallières. Le diffuseur public n’a pas encore réagi, mais plusieurs de ses employés actuels et anciens, ainsi que des personnalités influentes du monde des médias, ont condamné cette atteinte à la liberté de la presse.
Au Québec, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a déclaré mardi que Radio-Canada ne devrait pas s’excuser.
“Cela atteint des proportions absolument folles, n’est-ce pas [comme le roman d’anticipation] 1984 quand on ne peut plus citer une œuvre, disait-il. Je n’ai aucune raison de m’excuser. Si quelqu’un devait s’excuser, ce sont les gens qui ont pris la décision de demander à Radio-Canada de s’excuser. »
Candidatures au CAQ
Mardi, M. Lego a commencé sa journée à Repentini, où il a annoncé que l’ancien journaliste Pascal Derry serait candidat à la CAQ, sept ans après avoir tenté en vain de se faire élire au fédéral sous la bannière des conservateurs de Stephen Harper.
M. Legault a souligné l’expérience de Mme Déry à l’Institut économique de Montréal (IEDM).
“C’est un peu fédéraliste de centre-droit ou de centre-droit”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse diffusée en ligne.
M. Legault a rappelé que l’objectif de MEI est d’offrir des solutions pour améliorer l’efficacité des administrations, des organismes et des entreprises.
Le Premier ministre a imputé à la pandémie les difficultés de son gouvernement à atteindre le même objectif. “Peut-être que nous n’avons pas passé tout le temps que nous aurions dû passer”, a-t-il déclaré. Je ne me trompe pas en disant qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour améliorer l’efficacité, pour éliminer la bureaucratie. »
Lors de la campagne électorale de 2018, M. Lego avait promis de réduire la taille de l’État en supprimant 5 000 emplois dans le secteur public, un objectif qui n’a pas été atteint.
Mme Derry a lancé mardi un appel nationaliste, tout en soulignant que son nouveau parti politique était une coalition de personnes d’horizons différents. Elle a fait référence à son collègue Bernard Drainville, un ancien ministre péquiste dont l’appartenance à la CAQ a forcé M. Legault à réitérer que le projet de son parti n’était pas la souveraineté du Québec.
“Il y a des gens comme M. Drainville, comme moi, comme d’autres, et on va partager nos avis, c’est le but, le but c’est de travailler tous ensemble”, a-t-elle dit.
En après-midi, M. Legault s’est rendu à Venise-en-Québec pour annoncer la candidature de l’agricultrice et entrepreneure Audrey Bogemans, qui tentera de succéder à Claire Samson à Iberville. Expulsée de la CAQ après avoir fait un don au PCQ, Mme Samson, qui quittera la politique à la fin de son mandat, a ensuite rejoint le parti de M. Duhaime, devenant son premier choix en juin 2021.
Opportunisme
M. Duhaime accuse Mme Déry d’être opportuniste en choisissant la CAQ plutôt que son parti politique.
“Je fais partie de ces gens qui pensent que lorsque nous défendons nos convictions, nous changeons les sondages au lieu de nous ranger derrière les partis qui tirent dans les sondages et […] puis la population se rend compte que ce n’est pas forcément approprié », a-t-il dit.
M. Duhaime a dévoilé mardi le slogan “Libres chez nous” de son parti, se défendant contre toute ambiguïté sur sa position au Canada.
« Nous ne sommes pas un parti séparatiste, nous voulons rester au Canada, c’est très clair pour le PCQ. La liberté n’est pas seulement une question constitutionnelle, mais aussi une question de la façon dont le gouvernement traite les citoyens. Au Québec, depuis deux ans et demi, la liberté des citoyens est bafouée comme jamais auparavant. »
M. Duhaime explique que son slogan fait toujours référence à celui du Parti libéral du Québec, « Maîtres chez-nous », utilisé lors de la campagne électorale de 1962.
« À l’époque, l’idée était que le Québec soit davantage maître du Canada, c’était le message des libéraux qui ont déclenché la Révolution tranquille. Notre message aujourd’hui est que nous voulons que les Québécois soient plus libres chez eux au Québec. »
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