France

Le vote de défiance de gauche a été rejeté

N’ayant pas réussi à obtenir le soutien des LR et du RN pour renverser le gouvernement, Nupes se revendique comme la seule opposition crédible.

Une épée dans l’eau. Sans surprise, la motion de censure déposée par les députés de l’intergroupe Nupes a été rejetée en début de soirée lundi. Le texte n’a pas réuni la majorité des parlementaires (146 voix sur les 289 requises) et a divisé même au Nupes, six députés socialistes, dont le vice-président de l’Assemblée Valéry Rabo, qui n’a pas participé au vote. Par conséquent, le gouvernement d’Elizabeth Bourne n’a pas été renversé… et il n’aura même pas bronché.

L’histoire était annoncée. Depuis le lancement du projet fin juin, LR et RN – les deux autres principaux groupes d’opposition – avaient annoncé qu’ils n’adhéreraient pas, estimant l’initiative prématurée. Les députés de gauche ont dénoncé le premier compromis de leurs adversaires envers le pouvoir. La meilleure preuve, selon eux, que l’intergroupe Nupes représente la seule opposition crédible à Emmanuel Macron. C’est en substance ce qu’ils ont voulu démontrer derrière ce vote de défiance qu’ils savaient perdu d’avance.

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“Le moment de vérité arrive”, a lancé Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, en introduction de son discours de dix minutes. Cette proposition servira de clarification politique puisque vous n’avez rien changé sur le fond et votre programme de maltraitance sociale et environnementale est intact. Ce vote sera l’occasion de distinguer ceux qui veulent servir de béquille à ce pouvoir ou prétendre s’y opposer, de ceux qui apportent une véritable alternative à ce pays”, a-t-elle prévenu.

Quelques instants plus tard, Elizabeth Bourne lui répond avec un léger agacement : « On pourrait agir pour les Français aujourd’hui. Au lieu de cela, nous débattons d’un vote de défiance, assorti d’un test d’intention, qui entrave le travail du Parlement et donc la volonté des Français, a déploré le Premier ministre. Que censurez-vous ? Quelle priorité gouvernementale trouvez-vous inacceptable? Pouvoir d’achat, plein emploi, transition écologique, égalité des chances ou encore souveraineté ? Si votre vote de défiance est adopté, tous ces objectifs seront en péril », a-t-elle insisté. Pré-lancement : “Nous proposons des solutions, pas de désintégration.”

RN “n’interdit rien”

Afin de mettre le gouvernement « face à ses responsabilités », les députés du Nupes ont rebaptisé leur vote de défiance « vote de défiance ». Une façon de répondre au refus d’Elizabeth Bourne de soumettre au vote son discours politique général la semaine dernière. “Disons-le simplement : ce vote de défiance ne bloquera rien, mais il corrigera la première erreur de votre mandat”, a confirmé Olivier Faure, député et premier secrétaire de l’AP, qui a vu dans ce refus “une violation de notre vie démocratique ». . En insistant : « Puisque nous avons le pouvoir de vous imposer ce vote, nous le faisons ». Thomas Mesnier, député d’Horizons !, a pourtant voulu interpeller les socialistes, faisant appel à la mémoire de Mitterrand et Rocard.’ illustres prédécesseurs ont relevé les défis de leur temps. Ils ont travaillé, ils ont composé, sans jamais se lâcher. Je vous imagine mal continuer dans cette servitude à la Scélérate. leur.

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Les députés RN ont voulu profiter du débat pour s’assurer de représenter une opposition “responsable” voire “constructive”, loin de l’impasse systémique. Une stratégie à l’opposé de leurs collègues de gauche. “L’heure n’est pas aux basses manœuvres politiques, c’est l’heure de l’action au service des Français”, a déclaré Alexandre Loubet. “En ne votant pas pour votre vote de défiance, nous prenons une décision responsable. On met le pays avant les partis, ce qui n’est pas votre cas”, a-t-il assuré en s’adressant aux députés du Nupes. “Ne croyez pas que notre opposition va faiblir face à Emmanuel Macron”, a-t-il prévenu. Le député RN a également indiqué que son groupe “ne retenait rien” concernant une éventuelle motion de censure.

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