France

Grippe aviaire : les aviculteurs de plus en plus inquiets

Alors qu’un troisième élevage de dindes à Saint-Gabriel-de-Valcartier a été touché par la grippe aviaire en moins de 10 jours, l’inquiétude grandit chez les aviculteurs de la province.

• À lire aussi : Saint-Gabriel-de-Valcartier : un nouveau cas de grippe aviaire qui inquiète

• À lire aussi : La grippe aviaire prend de l’ampleur au Québec

Avec plus de 14 000 animaux de boucherie dans le dernier cas, au moins 32 000 dindes ont été touchées dans cette commune.

Plus tôt cette année, la maladie a d’abord frappé durement les élevages de canards des municipalités de l’Est. Il y a eu récemment une vague de mortalité d’oiseaux marins aux Îles-de-la-Madeleine, en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent.

“Il y a des peurs énormes chez nos éleveurs. Avant même les premiers cas, on s’inquiétait de voir ce qui se passait aux États-Unis et dans les autres provinces. Avec ce troisième cas, le niveau d’inquiétude monte, c’est normal », explique Pierre-Luc LeBlanc, président des Producteurs avicoles du Québec.

Son association regroupe 699 éleveurs de dindes et de poulets.

“Nous leur donnons les meilleurs outils possibles pour faire face à la crise en maximisant la biosécurité.” Il s’agit de changer de chaussures et de vêtements avant d’entrer dans les poulaillers, de désinfecter la zone d’entrée, les roues des véhicules entrant sur le site, d’arrêter les visites. Malgré les bonnes mesures, les cas augmentent, c’est encore plus inquiétant. On se demande où ça va s’arrêter », s’interroge M. LeBlanc.

“Ce sont de très grosses pertes financières. Mais aussi beaucoup de charges émotionnelles de voir ses animaux malades”, ajoute-t-il.

Déjà sous pression

Et tout cela se passe dans des conditions d’inflation importante.

“En ce moment, il ne suffit pas (des pertes) de jouer sur l’offre et la demande. Mais il pourrait y arriver si les cas s’accumulent, croit M. LeBlanc. Avec les prix des céréales et du pétrole, nous avons eu de fortes augmentations des coûts d’exploitation. Ensuite, il y a la grippe aviaire. C’est vraiment une année à oublier.

Avec l’ampleur des mesures prises, Pierre-Luc LeBlanc s’interroge également sur le mode de transmission de la maladie, les volailles d’élevage n’étant pas en contact direct avec les oiseaux sauvages.

“On peut penser qu’il peut être circulé par les vents, les aérosols, mais nous n’avons aucune preuve. Mais les mesures de biosécurité sont importantes et c’est ce à quoi nous allons nous attaquer à court terme. Les éleveurs doivent garder la tête haute et ne pas se décourager. Je suis sûr qu’ils s’en sortiront très bien », a-t-il déclaré.

Le président de l’Aviculture Québec souligne qu’à Saint-Gabriel la concentration de sites est très élevée, puisqu’il y a 85 poulaillers dans un rayon d’à peine 10 km.

Trouver une solution

Aussi, la dinde apparaît comme une espèce plus fragile que le poulet vis-à-vis de cette maladie.

« Nous l’avons vu au Canada et aux États-Unis. Nous réalisons que cela affecte principalement les oiseaux plus âgés. Un élevage de dindes peut durer de 80 à 140 jours. Nous le documenterons si nécessaire », a suggéré M. LeBlanc.

Comme chez l’homme, la vaccination est possible chez l’animal, notamment contre la grippe aviaire.

“Le vaccin existe, mais il coûte très cher. Il n’est pas autorisé partout, ce qui complique l’exportation. On n’en est pas là, mais il va falloir regarder les alternatives, car c’est une crise mondiale », conclut Pierre-Luc LeBlanc.

Le troisième site est situé à quelques mètres du deuxième site infecté, selon les informations reçues des aviculteurs québécois.

Rappelons que le premier cas a été découvert le 28 juin dans un élevage de 4 600 dindes. Puis le 3 juillet, un deuxième site a été touché avec près de 14 000 dindes.

— Avec l’agence QMI