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Les prix des maisons au Québec continuent d’augmenter

À la veille de la 4e hausse du taux préférentiel cette année, il sera de plus en plus difficile pour les jeunes d’acheter une propriété au Québec, où le prix moyen d’une maison vient de bondir de 20 %.

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La dernière histoire vient de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ). D’avril à juin, le prix médian d’une maison unifamiliale est passé à 450 000 $ au Québec, une hausse de 20 %.

À titre de comparaison, le prix médian d’une maison unifamiliale au Québec à la fin de 2019 était de 265 000 $, soit une différence de 185 000 $.

À ce jour, le prix moyen d’un appartement au Québec est de 381 000 $, une augmentation de 14 % en trois mois. Pour la région métropolitaine de Montréal, c’était 410 000 $, une augmentation de 14 % là aussi.

« C’est effrayant, mais la fête est finie. Avec la nouvelle hausse des taux ce matin, c’est le coup fatal à l’évolution des prix. Le marché ralentira au cours des prochains mois », explique Charles Brandt, directeur de l’analyse du marché immobilier à l’APCIQ.

Bien que les prix continuent d’augmenter de façon alarmante, le nombre de maisons à vendre au Québec est en baisse (-9%). Il en va de même pour le nombre de ventes (-14%).

“Ils sont beaucoup moins maintenant [gens] qui sont prêts à acheter aujourd’hui, et avec la hausse des prix il y en aura encore moins car ils ne seront pas éligibles”, a-t-il analysé.

Il n’y a pas de retour en arrière

Combien de temps le marché poursuivra-t-il sa montée vertigineuse ?

Jimmy Jean, économiste en chef Desjardins

“Il y a une correction partielle à venir”, a déclaré l’économiste en chef de Desjardins, Jimmy Jean.

En Ontario, les prix des maisons ont déjà chuté pendant quatre mois d’affilée, souligne-t-il. Ce qui est loin d’être le cas au Québec.

Au lieu de cela, Desjardins prédit que les prix de l’immobilier ici commenceront à baisser en 2023, mais pas autant qu’ils ont augmenté pendant la pandémie.

La baisse prévue par l’établissement de Lévis est de 12 % d’ici la fin de 2023.

« Les ventes sont déjà en baisse et des prix plus bas suivront. Mais nous ne verrons pas les prix des logements revenir à ce qu’ils étaient avant la pandémie”, assure l’économiste.

Quelque chose à quoi penser

Cela signifie qu’à la fin de 2023, le marché immobilier aura augmenté de 35 % en valeur par rapport à avant la pandémie. Et ce, que nous connaissions ou non une récession et que les taux d’intérêt restent élevés ou non.

« L’abordabilité du logement demeurera un enjeu majeur au Québec alors que la province a connu un rattrapage qui ne s’arrêtera pas », résume Charles Brandt de l’APCIQ.

Et ici on ne parle que du prix. Il faut aussi parler des taux d’intérêt, un autre obstacle au logement abordable.

La Banque du Canada relèvera aujourd’hui son taux directeur pour la 4e fois cette année, actuellement à 1,5 %. La hausse attendue est de 0,75 %, ce qui la portera à 2,25 %. En janvier, il était de 0,25 %.

Pour chaque augmentation de 0,25 %, on parle d’une augmentation de 25 $ par mois pour chaque tranche de 100 000 $ de prêts hypothécaires, nous expliquait récemment un courtier hypothécaire.

Par exemple, un prêt de 300 000 $ dont les paiements étaient de 1 000 $ par mois en janvier passerait à 1 600 $ avec l’augmentation d’aujourd’hui.

De quoi faire réfléchir beaucoup d’acheteurs, surtout ceux qui en sont à leur premier achat.