Le nombre d’épidémies zoonotiques (d’origine animale) a augmenté de 63% au cours des dix dernières années en Afrique, a indiqué jeudi le bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avertissant d’un risque accru dû notamment à la croissance démographique du continent.
“L’Afrique est confrontée à un risque croissant d’épidémies causées par des agents pathogènes zoonotiques, tels que le virus de la variole du singe, qui provient des animaux avant de changer d’espèce et d’infecter les humains”, a déclaré l’OMS-Afrique dans un communiqué de presse publié parallèlement à son point de presse hebdomadaire.
L’OMS a relevé entre 2001 et 2022 en Afrique « 1 843 événements de santé publique avérés », dont 30 % étaient des épidémies zoonotiques.
Ces chiffres ont augmenté au cours des deux dernières décennies, mais “un pic particulier a été enregistré en 2019 et 2020, lorsque les agents pathogènes zoonotiques représentaient environ 50 % des événements de santé publique”.
“La maladie à virus Ebola et d’autres fièvres hémorragiques virales représentent près de 70% de ces épidémies, dont la dengue, l’anthrax, la peste, la variole du singe et un certain nombre d’autres maladies représentent les 30% restants”, indique le communiqué.
L’OMS pointe plusieurs raisons à l’augmentation des cas zoonotiques.
“L’Afrique a la croissance démographique la plus rapide au monde et il y a une demande croissante d’aliments d’origine animale”, a-t-elle écrit.
“La croissance démographique conduit également à une urbanisation croissante et à l’empiètement sur les habitats fauniques”, note l’OMS-Afrique.
En outre, poursuit-elle, “les liaisons routières, ferroviaires, maritimes et aériennes s’améliorent (…), augmentant le risque de propagation des épidémies” des zones reculées vers les grandes agglomérations.
“Nous devons agir maintenant pour arrêter les zoonoses avant qu’elles ne provoquent des infections généralisées et empêcher l’Afrique de devenir un épicentre de maladies infectieuses émergentes”, plaide le Dr Matshidiso Moeti, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.
Elle recommande de renforcer la recherche ainsi que la collaboration et le partage d’informations entre “différents secteurs, disciplines et communautés”. “Ce n’est qu’en abattant les murs entre les disciplines que nous pourrons aborder tous les aspects de la réponse”, dit-elle.
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