Par Pascal SKAVINER, météorologue Publié le 13/07/22, mis à jour le 16/07/22 à 07:20.
Entre la sécheresse de plus en plus inquiétante, les incendies récurrents et le mercure qui s’envole, cet été s’annonce à haut risque. Après la canicule d’il y a un mois, qui a duré 5 jours, à partir du dimanche 10 juillet, la France est entrée dans une nouvelle canicule plus longue. Au niveau national, elle peut être placée dans le top 5 des canicules les plus longues, après celles de juillet 1983 et juillet 2006.
Pour parler de canicule, on se fie au National Heat Index. Elle correspond à la température moyenne journalière, calculée à partir des valeurs moyennes enregistrées dans 30 stations météorologiques réparties sur tout le territoire. Pour commencer à être qualifié de période de canicule, cet indicateur doit dépasser le seuil de 22,4°C. C’est le cas depuis le 9 juillet, et selon nos prévisions (et en appliquant une petite marge d’erreur) il restera au-dessus de ce seuil jusqu’au 27 juillet au moins, correspondant à une durée de 18 jours. Si la chaleur est normale en été, la canicule que nous connaissons actuellement s’annonce exceptionnelle par sa durée, même si elle subit des chocs, avec une alternance de périodes de fortes chaleurs assez locales et de très fortes chaleurs plus généralement.
14-17 juillet : canicule variable
Après un pic le mercredi 13 juillet, la baisse de l’indice de chaleur entre le 14 et le 16 juillet révèle de fortes disparités régionales. On passera donc de chaleur très intense couvrant 15% du territoire ce mercredi à 40% du territoire jeudi.
Dans le nord, la chaleur élevée diminuera. Par exemple, à Rennes la température chutera de 7°C en 24 heures entre ce mercredi (37°C) et ce jeudi (30°C). Les nuits seront généralement plus supportables pendant 3-4 jours avec des températures de 14 à 17°C de la Bretagne aux Hauts-de-France. A Paris, après deux nuits tropicales, le mercure chutera de 4°C par rapport à mercredi à environ 17°C. Il en sera de même pour les après-midi, avec 33°C de jeudi et 29°C de vendredi contre 36°C de mercredi, correspondant au pic de la semaine. Cependant, une grande moitié sud sera encore affectée par les températures très élevées et la canicule, principalement l’Aquitaine, l’Occitanie et la moyenne vallée du Rhône, avant que celle-ci ne s’atténue vendredi entre la Charente et la région Rhône-Alpes. Cette canicule n’aura vraiment pas d’extrême jusqu’à dimanche. Seuls quelques records mensuels ont pu être battus très localement, comme ce fut le cas mardi 12 juillet à Od.
Intensité croissante entre le lundi 18 et le mardi 19 juillet
A partir de lundi, un front froid s’élevant au large des côtes portugaises vers l’entrée du golfe de Gascogne va activer l’air chaud, qui se répandra ensuite sur tout le pays. Le minimum et le maximum culmineront sur la moitié ouest lundi, puis sur la majeure partie de la moitié est mardi. Elle sera souvent comprise entre 35 et 40°C dans ces régions, avec une chance de dépasser localement 40°C et de se sentir proche de 45°C. L’air sec persistant sera un facteur aggravant, pouvant conduire à des moyennes de 1 à 2°C supérieures à nos prévisions. Témoin de cette intensité, l’indice de chaleur peut atteindre 27 à 28°C durant ces 2 jours (loin du record de juillet 2019 de 29,4°C). Autre fait notable : les nuits seront tropicales du lundi au mercredi, avec des températures nocturnes comprises entre 18 et 21°C en moyenne et qui seront précédées d’après-midi avec des valeurs de 35 et 36°C en moyenne. Ce sera une période de test pour les organisations.
20-23 juillet : retour à la canicule variable
Après mardi, les températures chuteront au-dessus de 4/5ᵉ sur tout le pays avant de remonter le 21 dans le sud-ouest et de s’étendre à l’ouest d’ici le 23 juillet. Dans ce contexte, des températures proches de 40°C entre la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie ne sont pas à exclure. C’est dans ces deux régions que la canicule sera la plus exceptionnelle. Pour l’ensemble du mois de juillet, 8 jours au-dessus de 35°C sont prévus à Bordeaux et environ 13 jours à Toulouse, contre 2 en moyenne sur les 20 dernières années.
Attendez-vous à ressentir cette chaleur pendant encore dix jours selon les régions. L’évacuation de la chute froide vers le nord peut permettre de retrouver une situation plus compatible avec la saison de cette date. Cela devra être confirmé dans les prochains jours, l’échéance étant encore loin.
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