France

Juste pour rire | Pierre-Yves Roy-Desmare et ses “amis”

Mercredi soir a été un baptême du feu pour Pierre-Yves Roy-Desmare, qui a animé son premier gala Juste pour rire, juste à temps pour le 40e anniversaire du festival. Pour marquer le coup, l’humoriste s’était entouré d’une brochette d’amis triés sur le volet, plus ou moins célèbres, en nombre extrêmement varié, voire inégal. Mais qu’importe : le public n’a pas caché son plaisir et tout le monde a été chaleureusement accueilli.

Publié à 00:11

Presse Sylvia Galippo

Pour cause : c’était à 18 heures précises, la première fois en deux ans que Juste pour rire avait ici droit à un gala “conventionnel”, dit de “garniture”. Tout habillé, au mieux de vos capacités, vous l’obtiendrez. Et le public du Théâtre Maisonneuve sur la Place des Arts a semblé carrément heureux qu’il y ait enfin assez d’entre eux pour applaudir sauvagement, donnant à chaque comédien une ovation debout.

Un grand départ, avec ce numéro d’ouverture, mettant en scène l’animateur adoré, couronné de la découverte de l’année au Gala Les Olivier – soit dit en passant, et il n’a pas hésité à nous le rappeler. Vêtu d’un tuke rouge, sur les rythmes hip-hop des frères Ouellette, Pierre-Yves Roy-Desmarais (PY pour ses amis) s’est amusé à danser et à chanter avec énergie, osant quelques rimes aussi torrides qu’absurdes, ce qui a fait le public rigole, de tous âges d’ailleurs.

Mention spéciale à ses invités surprises, Élyse Marquis et Jay Du Temple, sans oublier Matthieu Pepper (au début puis à la fin de l’émission, dans une vidéo surréaliste enregistrée), le timide de la soirée.

Pierre-Yves Roy-Desmarais déborde d’énergie, on le sait. Il bouge l’air et ce chiffre n’est pas à la hauteur de sa réputation.

PHOTO FRANCOIS ROI, LA PRESSE

Pierre-Yves Roy Demaret

Cependant, pour la suite de ce premier gala (d’une série de deux, l’un à 18 heures auquel participait La Presse, l’autre à 21 heures), l’humoriste s’est montré beaucoup plus discret, se contentant de présenter (certes énergiquement) ses invités (désolé , ses “amis”), sur le côté droit de la salle.

Peut-être qu’il économisait pour le deuxième spectacle ? Dommage, nous en aurions pris plus.

Cependant, les chiffres qui ont suivi n’ont pas déçu. Au contraire, plusieurs belles découvertes méritent l’attention. Pierre-Yves Roy-Desmarais a d’abord laissé le micro à Charles Pellerin, très touchant avec son numéro d’autodérision sur sa maladie, l’alopécie (perte des cheveux et des poils). Un choix surprenant pour commencer la soirée, mais pourquoi pas. « Tout le monde pense que j’ai un cancer, mais non, je regarde juste. »

Changement de registre donc, avec la tiktokeuse Mégan Brouillard (et invitée surprise : Chantal Machabée !), qui surfe plutôt comme le hockey, plus précisément le hockey féminin. Et disons que le sport a peut-être trouvé en elle son meilleur porte-parole. A la fois brute et gluante, féministe, un peu, beaucoup, puis pas du tout, la jeune comédienne en a long à dire sur le sujet.

Nous sommes tombés amoureux de David Bossage, qui a réalisé une série de gags sans attaches, et qui, surtout, a réussi à faire rimer Greta avec Carla Homolka. Devrait être fait.

« Ils sont bons, mes amis, hein ? » a glissé l’animateur ici. Affirmative.

Sentiments mitigés cependant quant à l’acte de suivi du “monocle” autoproclamé Alexander Forrest, qui a au moins le mérite de détourner les blagues “monocle”. Marylène Gendron a d’abord lâché quelques blagues conventionnelles avant de passer à une direction plus prometteuse, du côté de son rapport amour-haine avec la nourriture. Son “jeu” McDo nous fera rire longtemps.

Yacine Belhousse, invité français de Pierre-Yves Roy-Desmarais, n’a alors glané que quelques sourires ici et là, et on comprend pourquoi : son numéro sur ses milliardaires les moins préférés (Batman, vraiment ?) était étiré à l’extrême et manquait franchement de rythme.

Heureusement, vint ensuite Adib Alkhalidey, le clou de la soirée, sans doute l’acte le plus fort (et le plus fou) de ce premier gala.

En quelques minutes, l’humoriste à la barbe touffue a réussi à nous transporter dans sa campagne d’adoption et son village de “psychopathes” où il venait de s’installer. Et comment va-t-il ? Rien à signaler si ce n’est qu’il est accro aux cookies et qu’il parle aux arbres. Vous devriez l’entendre imiter les renards. Ils sonnent comme “les sans-abri sont tués”. Disons que nous devinons que la nature ne l’a pas beaucoup calmé. Et c’est bien. Aussi, avis aux intéressés : l’humoriste sera présent à tous les galas.

Veuillez noter que la série de galas (avec deux galas différents par soir) se poursuit ce jeudi soir (le 21 avec Phil Roy et Roxanne Bruno comme hôtes), vendredi (le 22 avec Richardson Zephyr et Eddie King) et samedi (le 23, avec Rosalie Vaillancourt ).