Marion Russe attendait ce moment depuis un an et demi. Car Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, l’a appelée pour lui proposer de prendre les rênes du Tour de France féminin. A 30 ans, elle est enfin prête à relever le défi. “C’est difficile à réaliser. C’est, c’est ici, le Tour de France Féminin ! Je ne serai pas là en tant que cycliste, mais je serai aux avant-postes de cet événement et c’est très excitant.”
>> Tour de France féminin 2022 : Tour Eiffel et Champs-Elysées, les sprinteurs attendus pour le premier maillot jaune historique… La 1ère étape en question
Excitation, mais aussi tension face au défi ? “Je ne dirais pas que c’est de la pression parce que je suis sûre que l’événement doit marcher”, promet-elle. C’est l’expérience qui parle : celle d’un commentateur du Men’s Tour depuis 2017, mais aussi celle d’un double champion il y a tout juste dix ans. Le cyclisme, elle est née dedans, comme elle le dit.
“J’ai commencé la compétition à l’âge de 6 ans. Le cyclisme a façonné ma vie, ma vision des choses, qui je suis devenu. Je dois beaucoup au cyclisme.
Marion Rousse
chez franceinfo
“Si à travers mon rôle je peux faire quelque chose pour cette discipline, je le fais à 100% et c’est ce que je fais”, ajoute-t-elle.
Ce départ, elle l’attendait avec impatience, comptant “des jours, des heures”. “Avec le parcours que nous avons imaginé pour vous, ne vous inquiétez pas, vous allez vous régaler !”, assure-t-elle, mettant en avant un parcours qui “n’a rien à envier au parcours masculin”. Elle énumère : « On pourrait voir un sprinteur couronné aujourd’hui sur les Champs Elysées, il y aura des étapes puncheuses, une étape des Chemins Blancs un peu classique et une finale à Bar-sur-Aube, puis le week-end. avec de hautes montagnes et arriver au sommet de cette montée brutale de la Super Planche des Belles Filles”.
“On veut montrer sur ces huit jours de course que les filles à vélo envoient !”
Marion Rousse
chez franceinfo
Le consultant cyclisme de France Télévisions a également salué les changements opérés ces dernières années par la fédération internationale dans le « cyclisme féminin » et dans la professionnalisation des coureuses : « On s’amuse autant à commenter les filles que les hommes parce qu’il y a un spectacle et que , sportivement parlant, c’est cohérent.” Et ce tour n’a pas encore commencé, mais il suscite déjà beaucoup d’enthousiasme : “Je reçois déjà des CV de maires qui me disent ‘Je postule pour le Tour de France féminin pour passer par ma ville dans les années à venir.” – se réjouit-elle.
Marion Rousse est fière de voir enfin son sport se développer, elle a dû arrêter sa carrière à seulement 24 ans, faute d’un salaire décent. « J’ai arrêté parce que je n’étais pas payée, explique-t-elle, et les factures étaient dues à la fin du mois. Cela m’a fait tourner la page du vélo très tôt. » Mais elle ne regrette rien : « C’est le chemin de ma vie et je pense qu’être à la tête de cet événement est extraordinaire. L’un de ses objectifs aujourd’hui est de “créer des vocations” et de permettre aux petites filles de rêver de devenir coureuses professionnelles.
“On a vraiment envie de donner des vocations à des petites filles comme moi qui ont regardé le Tour de France à la télé ou au bord de la route et qui ont fini par ne pouvoir s’identifier qu’aux hommes !”
Marion Rousse
chez franceinfo
« Combien de fois ai-je repris mon vélo après les étapes ? Je me sentais comme Tom Boonen et j’étais super fier. C’est une excellente nouvelle pour nous : toutes ces petites filles vont pouvoir s’identifier à tous les champions du Tour de France.” Actuellement, au départ de ce Tour, les femmes ne représentent que 10% des adhérents de la Fédération Française de Cyclisme.
Add Comment