France

Débats embourbés et nerfs à vif à l’Assemblée nationale

Eric Cockerell, président LFI de la commission des finances de l’Assemblée nationale, lors d’un débat sur le projet de loi de finances rectificative 2022 à l’Hémicycle, à Paris, le 22 juillet 2022. JULIEN MUGUET POUR LE MONDE

Aucun épilogue ne se dégage de l’examen du Finance Amendment Bill. Il est maintenant 2h15 du matin, dans la nuit du lundi 25 juillet au mardi 26 juillet, lorsque l’évidence saute aux yeux de tous les députés présents à l’hémicycle. La poursuite des discussions sur le financement du “paquet pouvoir d’achat” de plus de 20 milliards d’euros pour contrer l’inflation jusqu’à fin 2022 n’ira pas de l’avant. Ainsi en a décidé, une heure plus tôt le conseil réuni au pied du site : le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, le ministre des Comptes publics Gabriel Atal, le ministre délégué aux Relations avec le Parlement Frank Rister, le président de séance, Caroline Fiat (La France insoumise, LFI) et tous les représentants des groupes parlementaires. Après l’adoption tardive de l’article 6 – sur un total de quinze – les débats devaient reprendre mardi en fin d’après-midi.

Contrairement à ce que de nombreux députés avaient espéré, et bien qu’il reste encore plus de 230 amendements à étudier, les élus ne sont pas sortis de l’impasse qui caractérise les débats aux yeux du gouvernement et d’une grande partie de l’Hémicycle. Les députés, éprouvés par quatre jours et autant de soirées de débats sur le projet de loi sur le pouvoir d’achat, ont enchaîné vendredi et samedi les discussions autour du deuxième volet de cette loi “extraordinaire”. “Ce n’est pas de bonne foi de voter des lois du jour au lendemain”, a accusé le vice-président de l’Assemblée nationale (RN) Sébastien Chenou.

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Les élus de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) n’ont pas dérogé à leurs orientations. Renforcer, marteler, recommencer à l’infini. Dans un agenda chargé, cet étirement des débats risque de rallonger un peu plus la durée de la navette parlementaire, alors que le Sénat doit reprendre ce texte à partir du mercredi 27 juillet en commission des finances. En plus de déstabiliser le calendrier exécutif originel, les nerfs de la majorité ont succombé au comique de la répétition des interventions des élus de gauche et notamment des “rebelles”. “J’ai le sentiment que depuis quelques heures nous ne travaillons plus au service de nos compatriotes”, a fustigé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, regrettant le retard des discussions. On assiste à une véritable perversion du débat démocratique. »

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« Sauvons les comptes publics ! » »

Doit-on parler de blocage de l’activité parlementaire ou de sous-estimation de la nouvelle donne à l’Assemblée nationale ? Au fond, c’est la philosophie même de ce PLFR qui alimente la polémique entre les Nupes et la majorité présidentielle. Pour le président LFI de la commission des finances, Eric Cockerell, ainsi que pour les élus du syndicat de la gauche, ce projet de loi était censé permettre de “restaurer l’hôpital public”, de créer des “chaises publiques gratuites”, de “augmenter de 10% les salaires des fonctionnaires” ou “d’augmenter l’allocation d’activité des parents de familles monoparentales”. Mais ce n’est pas le but de ce texte, visant à l’adoption de “mesures urgentes d’augmentation du pouvoir d’achat”, ont répondu le maire et les députés de la coalition présidentielle toute la soirée. Des rappels à l’ordre qui n’ont pas ébranlé la détermination des élus du Nupes.

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