Elizabeth Bourne, Premier ministre, quitte le Conseil des ministres à l’Elysée, lundi 4 juillet 2022. JEAN-CLAUDE COUTOS / JEAN-CLAUDE COUTOS POUR LE MONDE
La France, dite fatiguée et lasse, n’était sans doute pas prête aux restrictions. Alors la Première ministre Elizabeth Bourne a d’abord demandé qu’un effort soit fait auprès de l’Etat et de ses administrations. Mardi 25 juillet, Matignon a adressé à tous les ministres et secrétaires d’Etat une circulaire les appelant à contribuer à “l’effort sans précédent en matière de sobriété énergétique”.
Concrètement, il est demandé aux administrations de suivre les consignes qui sont pour la plupart déjà en place : limiter la climatisation à 26 degrés, ne pas monter le chauffage à plus de 19 degrés, avoir un thermostat, éteindre les lumières, encourager covoiturage et mobilité douce… “Ces mesures sont nécessaires non seulement pour améliorer notre sobriété énergétique, mais aussi pour donner l’exemple et l’acceptabilité des efforts qui seront demandés par l’ensemble de la société”, argumente la circulaire. Chaque ministre évaluera l’opportunité de choisir tel ou tel moyen de transport (train, avion, voiture, etc.) pour se déplacer, en tenant compte des préoccupations environnementales, mais aussi des contraintes de sécurité.
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A la rentrée, après recueil des conclusions des différents groupes de travail, une feuille de route sera établie afin que les administrations comme les entreprises puissent atteindre l’objectif d’une réduction de 10% de la consommation d’énergie sur l’année deux prochaines années. Certaines mesures, comme la fermeture des portes des magasins climatisés ou l’extinction des enseignes lumineuses la nuit, sont déjà en place et le non-respect est passible de sanctions.
Ces mesures rappelleront aux 50 ans et plus les mesures anti-gaspillage préconisées par le gouvernement dans les années 1970 après les chocs pétroliers, mais aussi celles préconisées notamment par le Premier ministre Lionel Jospin au début des années 2000 pour répondre aux exigences environnementales.
Menace de suspension des exportations russes
Il y a urgence aujourd’hui. En réponse aux sanctions occidentales imposées à la Russie, belligérante dans le conflit ukrainien, Moscou a menacé de couper l’approvisionnement en gaz de l’Europe. Cet hiver, vous devriez craindre les licenciements. Pour éviter les pénuries alimentaires et les mesures de délestage qui pourraient perturber l’activité économique en cas de crise, le gouvernement tente d’anticiper en réduisant la consommation et en augmentant les stocks. “Maintenant, je vais demander aux administrations publiques, à nos grands groupes, à tous ceux qui peuvent élaborer un plan dès cet été pour qu’on puisse se mettre en situation de moins consommer”, a prévenu Emmanuel Macron lors de son entretien du 14 juillet.
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