La lecture des articles est réservée aux abonnés. Entrer
C’est une sorte de foudre institutionnelle que l’extrême banalisation de l’extrême droite transforme désormais au rang de routine démocratique. Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, un élu d’extrême droite, en l’occurrence le Rassemblement national (RN) du Pas de Calais Bruno Bilde, a été élu à la Cour de la République (CJR), seule juridiction habilitée à juger les ministres pour les actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions.
Bruno Bilde, fidèle de Marine Le Pen, a prêté serment mercredi après-midi à l’Assemblée nationale en levant la main (voir la vidéo ici) suite à sa nomination la veille, à l’issue d’un vote des députés reflétant le nouvel équilibre politique résultant des élections législatives de juin. L’ancienne élue d’Hénin-Beaumont siégera au CJR aux côtés de Daniel Obono (LFI), Philippe Gosselin (LR), Laurence Wichniewski (MoDem), Emily Chandler et Didier Paris (LREM). Son adjointe, la vice-présidente RN pour les Pyrénées-Orientales, Anaïs Sabatini, a également prêté serment à la demi-flacon.
Bruno Bilde et Marine Le Pen le 26 janvier 2020 à Hennes-Beaumont. © Sylvain Lefèvre / Hans Lucas via AFP
Cette nomination n’est pas seulement symbolique, car elle confirme l’institutionnalisation d’un parti qu’une large partie de l’échiquier politique considérait, hier encore, comme un danger démocratique : la Cour de la République doit en effet jouer un rôle de premier plan dans le second cinq- mandat d’un an d’Emmanuel Macron.
Add Comment