Sols desséchés, rivières en déclin, restrictions… Face à une “sécheresse exceptionnelle” et une “situation historique que traversent de nombreux territoires”, la Première ministre Elizabeth Bourne a décidé d’activer la cellule interministérielle de crise, a annoncé Matignon ce vendredi.
Il se réunira plus tard dans la journée, selon une source gouvernementale. “Cette sécheresse est la plus grave jamais enregistrée dans notre pays” et “les prévisions météorologiques montrent que la situation peut perdurer les 15 prochains jours voire devenir plus alarmante”, souligne Matignon.
Aggravé par les bouffées de chaleur
“La sécheresse exceptionnelle que nous vivons actuellement prive d’eau de nombreuses communes et est un drame pour nos agriculteurs, nos écosystèmes et la biodiversité”, a ajouté la Primature dans un communiqué.
L’épisode de sécheresse que nous vivons sur l’ensemble de la France métropolitaine est historique. Pour faire face à cette situation hors du commun, j’active le centre de crise interagences. Ensemble, soyons responsables : préservons nos ressources en eau. https://t.co/lkPLO31Wu5
– Elizabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) 5 août 2022
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Ce manque de pluie est “exacerbé par l’accumulation de canicules successives qui augmentent l’évaporation et les demandes en eau”, explique cette source. “Face à cette situation historique, le Premier ministre a décidé d’activer la Cellule interagences de crise et appelle chacun à protéger nos ressources en eau”, écrit Mattignon.
Réunion des préfets
Cette cellule doit permettre « d’assurer un retour d’expérience régulier des préfets des départements des zones les plus touchées, d’anticiper l’éventuelle activation des plans ORSEC ‘eau’ des agglomérations concernées et de coordonner les mesures de sécurité civile nécessaires (adduction d’eau des communes , approvisionnement en eau potable, etc.) », selon cette source. Il surveillera également “l’impact de cette sécheresse sur nos infrastructures de production et de transport d’énergie et sur notre secteur agricole, en particulier le secteur de l’élevage”.
Elizabeth Bourne a demandé aux préfets de réunir, “dès la semaine prochaine, dans chaque zone de stress, les commissions locales de l’eau et, là où elles existent, les autres structures locales de concertation sur la gestion de l’eau” pour déterminer “la hiérarchisation des usages en cas de besoin”. “Des mesures restrictives ont été prises et seront prises en cas de besoin pour assurer les besoins prioritaires de santé, de sécurité civile et d’approvisionnement en eau potable”, a ajouté Matignon.
62 départements “en crise”
Jeudi, 93 départements étaient soumis à des restrictions d’eau, dont 62 étaient considérés comme “en crise”, le niveau d’alerte le plus élevé. Dès mercredi, la Creuse et la Nièvre les ont rejoints.
Le débat a également fait rage sur les réseaux sociaux au sujet des dérogations accordées aux golfs qui peuvent encore arroser leurs greens même lorsque le département qui les abrite est en “crise de sécheresse”. Conséquences graves également pour EDF, qui pourrait encore réduire la production d’électricité nucléaire dans les prochains jours ou même arrêter un réacteur de la centrale du Tricastin (Drôme) en raison des températures élevées du fleuve.
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