Par Régis CREPET, Météorologue Publié le 04/08/22, mis à jour le 06/08/22 à 18h00
Une autre vague de chaleur est imminente la semaine prochaine en France. Elle débutera lundi dans le sud avant de gagner l’ouest et le centre puis l’ensemble du territoire à partir de jeudi jusqu’au week-end du 15 août.
Alors que la canicule actuelle s’atténue ce week-end ici, le temps chaud de l’été n’est pas encore terminé. Au contraire, l’air très chaud présent en mer Méditerranée va monter vers la France dès le début de la semaine prochaine pour progresser vers le nord. Cette nouvelle vague de chaleur risque d’être de longue durée. Si les vacanciers apprécient, pour certains, ce type de temps, cette situation entraînera une 4e canicule et accentuera surtout la sécheresse.
Blocage anticyclonique tenace
Si cet été semble interminable avec des journées caniculaires à répétition et une sécheresse extrême, c’est en raison de l’anticyclone persistant sur l’Europe de l’Ouest. Ces anticyclones empêchent les perturbations de passer sur notre pays et ralentissent l’évolution des tempêtes. Oscillant entre l’Irlande et l’Allemagne, ces hautes pressions affectent la direction des vents : lorsqu’ils tournent vers le nord-est, les températures baissent un peu, et lorsqu’ils tournent vers le sud, la chaleur augmente. Ce processus se répète inlassablement depuis le 1er juillet. Il est à noter que ces changements de masses d’air se produisent sans orage, ce qui augmente la sécheresse.
Une “pompe à chaleur” au large du Portugal
Parallèlement à ces anticyclones, de “petites” dépressions isolées dans l’océan Atlantique, au large du Portugal, agissent comme des “pompes à chaleur”, c’est-à-dire qu’en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, elles font remonter des nuages d’air chaud du Maroc vers la France, avec des coups de chaleur intenses qui ont fait grimper la température à 40°C en Bretagne par exemple. La combinaison de ces paramètres (anticyclones et pompes à chaleur) est l’une des principales caractéristiques de cet été 2022.
Quatrième canicule la semaine prochaine
Dans le contexte que nous venons de décrire, il y aura un puissant anticyclone sur les îles britanniques en début de semaine. De petites dépressions se formeront alors au large du Portugal, dont l’emplacement exact reste à déterminer. Cette situation sera favorable à la remontée d’air chaud sur l’ensemble de la France en provenance du sud et se regroupant progressivement au nord. Une vague de chaleur devrait donc s’installer lundi, après quoi l’intensité augmentera jusqu’au week-end prochain. Une vague de chaleur se caractérise par un indice national de chaleur (température moyenne journalière sur l’ensemble du territoire) qui dépasse 25,3°C, puis ne descend pas en dessous de 23,4°C. Il en sera de même lundi, avec des températures maximales comprises entre 25 et 26°C attendues en seconde partie de semaine.
Risque canicule assuré
La canicule est une canicule au format XXL, c’est-à-dire qui atteint des seuils de température prédéfinis (typiquement autour de 20°C la nuit et 36°C le jour) pendant au moins 3 jours et 3 nuits consécutives. Pour la semaine prochaine, le risque d’atteindre ces seuils en fonction de la durée de la canicule est désormais assuré à 100 %. Plus il est durable, plus la chaleur augmentera. Cette perspective est acquise dès le milieu de semaine prochaine dans toutes les régions du sud de la Loire. Les régions au nord de la Loire pourraient connaître des chaleurs moins intenses en raison du vent léger persistant de nord-est.
À ce jour, il existe deux scénarios météorologiques possibles. Le scénario principal prévoit une vague de chaleur du lundi au week-end prochain inclus. Le deuxième scénario pourrait permettre de l’éviter avec une vague de chaleur qui serait interrompue par l’arrivée d’air océanique plus frais du nord-ouest. Ce scénario est désormais minoritaire.
Dans les deux cas, la France n’évitera pas la chaleur intense. Les vacanciers apprécieront certainement ce beau temps constant, mais la durée de telles températures pose un problème de santé publique. De plus, sans pluie et avec un vent d’est persistant, l’assèchement du sol et de la végétation sera encore plus prononcé. Il y aura à nouveau un risque de feux de végétation en raison du vent du nord-est et des sols extrêmement secs.
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