France

la course contre la montre pour construire de nouveaux réacteurs en France

MIL DU NORD

L’industrie nucléaire française veut gagner du temps. Ou du moins ne plus en perdre, ce qui serait déjà un net progrès. La construction de l’EPR de Flamanville (Manche) – ou Réacteur Pressurisé Européen – devait durer moins de cinq ans. Le premier béton a été coulé en décembre 2007, la mise en service était initialement prévue en juin 2012… avant de nombreux contretemps techniques qui le repoussent désormais, après le dernier report, à mi-2024.

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Le projet de loi, à l’étude au Sénat depuis mardi 17 janvier, vise à accélérer les procédures liées aux futures constructions – en plus de la partie concernant le fonctionnement des réacteurs actuels. Texte très étroit : il concerne l’aspect administratif permettant le démarrage des travaux préparatoires (terrassements, extensions, aménagement du site), pas les premiers bétons et la construction du bâtiment nucléaire. Un texte “horriblement technique”, a convenu la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, entendue par les sénateurs le 11 janvier.

Le projet de loi de l’exécutif se limite aux futurs chantiers à proximité des centrales existantes. En perspective, le redémarrage de la “grande aventure du nucléaire civil” comme promis par Emmanuel Macron en février 2022. Vantant les bienfaits climatiques d’une électricité décarbonée, le chef de l’Etat a exprimé sa volonté que le pays se dote de six nouveaux réacteurs, appelé EPR 2, hors sol, voire huit autres plus tard, selon les possibilités, jusqu’au milieu du siècle.

Calendrier optimiste

L’électricien EDF a déjà en tête les emplacements des trois binômes de départ. Penly d’abord (Seine-Maritime), pour une première mise en service prévue entre 2035 et 2037, selon le calendrier le plus optimiste de l’entreprise. Puis Gravelines (Nord), pas avant 2039. Puis Vallée du Rhône, installation soit du Bugey, soit du Tricastin, jusqu’en 2043 au mieux.

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“Laissons les temps de construction [du premier béton à la mise en service] réduisant d’environ neuf ans pour la première des six unités à sept ans et demi pour la sixième », indique un document gouvernemental sur les nouveaux travaux nucléaires au début de 2022, à la suite de deux audits externes. La durée à comparer avec celle des premiers EPR, après divers retards : neuf ans pour ceux de Taishan (Chine) et au moins dix-sept ans pour Olkiluoto (Finlande), qui attend toujours son lancement commercial.

Le respect des délais reste “le déterminant le plus compétitif de notre succès futur”, selon le nouveau patron d’EDF Luc Remont

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