France

Manifestations contre la réforme des retraites : Macron met en garde contre un “blocage” du pays

Emmanuel Macron a pointé du doigt certains syndicats qui voudraient “bloquer le pays”, selon un membre du Conseil des ministres.

Emmanuel Macron a pointé du doigt, ce mercredi 18 janvier, certains syndicats qui voudraient “bloquer le pays”, selon un membre du Conseil des ministres, dans une mise en garde prononcée par le gouvernement à la veille de la mobilisation contre les retraites réforme.

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“Il faut faire la distinction entre les syndicats qui appellent à manifester dans un cadre traditionnel et républicain et ceux qui sont dans une démarche délibérée de blocage du pays, voire de ciblage des parlementaires”, a déclaré le chef de l’Etat avant la réunion du gouvernement de l’Elysée, selon des propos rapportés. par ce participant.

Il a semblé viser, sans la nommer, la CGT, dont la branche Mines-Energie a évoqué lundi des black-out ciblés contre les cabinets d’élus favorables à la réforme, tandis que la branche pétrolière a dit envisager “l’arrêt des installations de raffinage”.

Menaces “inacceptables”

Lors du rapport du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Olivier Veran a également jugé “inacceptables” les menaces contre les élus, la marraine des députés de la Renaissance Aurore Berger déplorant la création “d’un climat pour que les députés finissent déjà par ne pas être libres dans leur mandat et aient peur”. à « voter pour la réforme. “Tout ce qui fera l’objet de pressions, de menaces, d’insultes (…) même des actions ciblées visant l’intégrité du fonctionnement d’un mandat parlementaire, est inacceptable dans une démocratie”, a insisté M. Veran.

Il a assuré qu’il « respecterait » la mobilisation. “Nous espérons que cette expression populaire ne deviendra pas un gag”, a-t-il ajouté à la presse. “Bloquer le pays et bloquer le quotidien des Français, non”.

“Nous ne confondons pas manifestation et droit de grève avec un lock-out. Ce que nous ne voulons pas, c’est que les Français, qui n’ont demandé à personne, se retrouvent dans l’impossibilité d’aller travailler, d’emmener leurs enfants à l’école, (…) de déménager », a insisté le porte-parole. “On ne veut pas qu’il y ait des mouvements (…) avec une fracture”, a-t-il ajouté.

“Quelques milliers de personnes qui pourraient être violentes”

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanen s’est exprimé sur RTL sur l’arrivée à Paris jeudi de “plusieurs milliers de personnes qui pourraient être violentes”, citant des “ultra-gauches” ou “ultra-jaunes”, c’est-à-dire des “gilets jaunes” radicalisés. Il a également indiqué que “la police aura pour instruction de surveiller et de protéger les bureaux des parlementaires” et que “toute attaque contre les élus de la république pour faire pression sur eux, extorsion inacceptable, (…) sera confrontée Justice.”

Déjà devant ses ministres, le président Macron a accusé la « gauche » de « propager des mensonges et des contrevérités » sur les retraites, selon ce même participant. “Rappelez-vous que ce sont les socialistes qui, lorsqu’ils étaient au gouvernement, ont voté l’augmentation de l’âge de la retraite à 43 ans. S’ils ont un problème avec les gens de 43 ans, c’est parce qu’ils ont un problème avec eux-mêmes”, a-t-il dit.

La réforme voulue par le chef de l’Etat prévoit d’abaisser l’âge légal de la retraite à 64 ans, tout en accélérant l’augmentation de la durée d’assurance votée sous son prédécesseur socialiste François Hollande.