France

le gouvernement ne veut pas reculer devant la réforme des retraites

Malgré l’ampleur de la mobilisation contre la réforme des retraites, l’exécutif n’a pas l’intention de réagir ou de modifier son texte avant son arrivée à l’Assemblée nationale.

Entre 1,12 et 2 millions de personnes ont manifesté ce jeudi en France contre la réforme des retraites présentée par l’exécutif. Une première mobilisation réussie pour les syndicats et les partis de gauche, qui envisagent très prochainement d’autres actions.

Le niveau de mécontentement place le gouvernement dans ce qui peut sembler être une position délicate. Mais pour l’instant, la Macronie, à l’unanimité, ne cille pas. “Nous devons rester fermes. Ce serait mortel d’abandonner maintenant », a déclaré un haut conseiller du gouvernement à BFMTV.

Passage du Cap Horn

Le but : ne rien faire jusqu’à la présentation officielle du texte. “On ne bougera pas devant les débats parlementaires. C’est inutile avant. Des mesures de concession ne nous permettraient pas d’arrêter la mobilisation”, abonde un député en ce sens.

Pas de réaction ni de changement de cap avant au moins le 30 janvier, date à laquelle les députés entameront l’examen de la réforme en commission. Et certainement rien avant le 6 février, jour où le texte arrive sur le parquet de l’Assemblée. Suivent 50 jours de débats parlementaires.

“La réforme des retraites, c’est comme faire le tour du cap Horn. 50 jours passent, puis soit le bateau passe, soit il casse”, a lancé le ministre.

Attendre le bon moment pour extraire des remises

Mais pour ne pas tomber, l’exécutif et la majorité imaginent encore en coulisses les points sur lesquels la réforme pourra s’ajuster. Par exemple, sur la retraite minimum de 1.200 euros bruts, qui peut devenir nette, ou sur l’indice “emploi des seniors”, qui peut être plus coercitif.

Une autre option est le système de carrière longue, qui pourrait être harmonisé afin que certains ne soient pas tenus de cotiser pendant 44 ans au lieu de 43. Le gouvernement veut maintenant trouver le bon moment pour éventuellement extraire ces concessions. Pour l’instant, il est urgent d’attendre.

L’exécutif sous pression

“Nous ne sommes pas pressés. Il n’y a pas de grève de masse renouvelable. La grève lente est une bonne nouvelle pour nous”, reconnaît un député de la Renaissance.

Contrairement à la dernière mobilisation fin 2019-début 2020, les syndicats ont en effet opté pour le “saut de mobilisation”. Date du prochain événement : 31 janvier. D’ici là, le projet de réforme ne doit pas bouger.

Pourtant, la journée de ce jeudi ne passe pas non plus inaperçue. Qu’ils soient ministres, conseillers ou élus de la majorité, tout le monde est unanime : cette première journée de mobilisation a été un succès. “Les syndicats ont réussi leur pari”, note un cadre.

“C’est plus contraignant”, reconnaît le député.

“La mobilisation est importante, elle est indiscutable, il est inutile de nier les choses”, a reconnu dans le même sens le ministre du Travail Olivier Dussopt jeudi soir sur BFMTV.

Thomas Sully, Agathe Lambret et Salomé Robles