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Olymbec s’est engagé à restaurer le centre commercial Domaine-de-l’Estérel, un édifice patrimonial démoli illégalement vendredi. La société immobilière, propriétaire du terrain, a qualifié la démolition d'”accidentelle, involontaire et extrêmement déplorable”.
Posté à 17h18
Frédérick-Xavier Duhamel Presse
“Les instructions à l’entrepreneur choisi pour démolir l’arrière, conformément à l’autorisation de sécurité obtenue, étaient plus que claires”, a déclaré le président d’Olymbec, Richard Stern, cité dans un communiqué. publié mardi.
“Nous sommes consternés par cet incident et entendons faire la lumière sur l’enchaînement des événements et ses causes. Nous envisageons des poursuites judiciaires contre cet entrepreneur », a-t-il ajouté.
L’entrepreneur, identifié comme NZO Construction par Olymbec, a refusé de répondre aux questions de La Presse. Selon le registre du commerce du Québec, la construction NZO appartient à Vincenzo Riccio.
Olymbec dit aussi “appliquer le principe de précaution” à la présence potentielle d’amiante dans les décombres, notamment l’arrosage et la ségrégation des matériaux, ainsi que l’installation d’une clôture et d’une bâche.
Dans les images de la démolition du centre commercial obtenues par La Presse immédiatement après les événements, on voit de la machinerie lourde s’employer à détruire le bâtiment à la façade distinctive, protégé en raison de sa valeur historique et architecturale.
Dans le communiqué, M. Stern s’est engagé “à tout mettre en œuvre pour réparer au mieux ce qui semble irréparable, ce qui inclut la reconstruction du bâtiment patrimonial dans le cadre de notre futur projet de reconstruction”. L’entreprise affirme qu’elle offre aux autorités “une coopération totale”.
La ministre de la Culture et des Communications, Natalie Roy, a tweeté vendredi son intention de «faire la lumière» sur les événements et de faire respecter la loi. “C’est pourquoi nous poursuivons nos démarches dans ce sens”, a indiqué son cabinet, appelé à répondre au communiqué d’Olymbec.
PHOTO FOURNIE PAR LE CENTRE HISTORIQUE SAINT MARGERITE DE L’ESTEREL
Le centre commercial du Domaine-de-l’Estérel à la fin des années 1930.
La loi sur le patrimoine culturel permet d’infliger des amendes pouvant aller jusqu’à 1,14 million à une entreprise qui démolit “un bâtiment entièrement ou partiellement protégé”. Il stipule également que « le ministre peut recevoir une ordonnance de la Cour suprême pour effectuer les travaux nécessaires […] pour restaurer la propriété.
Une pétition demandant la rénovation du bâtiment a été lancée par Philippe Lupien, architecte et professeur à l’École de design de l’UQAM. «Nous, les citoyens du Québec, croyons que les circonstances entourant cette démolition illégale justifient l’imposition des peines les plus sévères prévues par la Loi sur le patrimoine culturel», peut-on y lire. Plus de 1 200 personnes l’ont signé mardi.
Réalisé par l’éminent architecte belge Antoine Courtens, l’édifice Art déco, inauguré en 1937, “sera l’un des premiers centres commerciaux à voir le jour au Québec et au Canada”, selon le Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Il présente « une architecture moderne qui bouleverse radicalement les styles historiques privilégiés pour les villégiatures dans les années 1930 ».
Le centre commercial Domaine-de-l’Estérel a été classé édifice patrimonial en 2014. Il appartient à la société immobilière Olymbec depuis 2021.
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