Le salaire minimum augmentera d’un dollar le 1er mai prochain à 15,25 $ de l’heure, une augmentation « responsable » selon le ministre Jean Boulet, mais insuffisante aux yeux de plusieurs groupes.
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Cette hausse de 7,02%, la plus importante depuis 1995, est un “geste responsable et équilibré” qui doit à la fois améliorer le pouvoir d’achat des personnes à faibles revenus et respecter la solvabilité des petites entreprises, a fait valoir le ministre du Travail lors d’une conférence de presse au National. Assemblée.
“Notre salaire minimum doit être respectueux et compatible avec notre situation économique”, a expliqué M. Bullet, ajoutant que cette augmentation permettrait au gouvernement de maintenir son objectif d’un rapport de 50% entre le taux global du salaire minimum et le salaire moyen.
À leur tour, les salaires des employés à pourboire augmenteront de 0,80 $ à 12,20 $ l’heure.
Quant aux salariés affectés exclusivement à la cueillette de framboises ou de fraises, le salaire minimum sera respectivement de 4,53 $ (+0,30 $) et de 1,21 $ (+0,08 $) le kilogramme.
insuffisant
Bien qu’il s’agisse de la plus forte augmentation du salaire minimum depuis 1995, plusieurs groupes la considèrent comme insuffisante. Le Collectif pour Québec sans pauvreté accuse le gouvernement d’être “déconnecté de la réalité” et voit dans cette augmentation “une forme de mépris de la réalité des travailleurs”.
Les partis d’opposition ont dénoncé la mesure en raison du contexte inflationniste qui, selon eux, justifierait une augmentation plus importante.
«C’est un pas en avant, mais ce n’est pas suffisant pour rattraper l’inflation que connaît le Québec en ce moment», a déclaré la députée libérale Madwa-Nika Cadet.
« Le minimum de 18 $ de l’heure est nécessaire pour vivre dignement au Québec », a déclaré le député de Solidarité Alexandre Leduc.
“Ce ne sera jamais parfait”, a répondu Jean Boulet. Mais il faut [augmenter le salaire minimum] de manière progressive pour éviter de générer des conséquences qui pourraient être négatives.
Petites entreprises
Selon Jean Boulet, la hausse plus élevée aurait pu forcer les petites entreprises déjà touchées par la hausse des taux d’intérêt à licencier des employés. Le Québec soutient toutefois au contraire qu’un salaire minimum de 15,25 $ de l’heure favorisera la participation au marché du travail dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.
En effet, tout en reconnaissant que la hausse annoncée par le gouvernement est « raisonnable dans les circonstances », d’autres groupes s’inquiètent de l’effet que cette mesure aura sur plusieurs secteurs d’activité, qui risquent « d’avoir de la difficulté à intégrer cette hausse dans les dépenses de main-d’œuvre », en les mots du président du Conseil des employeurs Carl Blackburn.
“On peut aussi s’attendre à ce que cela se répercute malheureusement sur les prix des services et produits proposés”, a-t-il ajouté.
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