France

Pap Ndiaye, son programme et ses « repères » pour l’éducation

par le biais d’Associated Press Teacher Salary, Parcoursup, Counseling… Pap Ndiaye dévoile son programme et ses “points de rupture” pour l’éducation

POLITIQUE – C’est la première fois qu’il s’exprime aussi longtemps depuis sa nomination. Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l’Éducation nationale, a dévoilé ses ambitions et ses priorités dans une interview fleuve publiée samedi 25 juin par Le Parisien.

Le successeur de Jean-Michel Blanker, au milieu des critiques de l’extrême droite à son arrivée rue de Grenelle, a déclaré vouloir sortir de cette “alternative simplifiée, qui serait soit une parfaite continuité, soit un virage à 180° et une rupture” avec Emmanuel Macron. cinq premières années.

S’il explique qu’il ne touchera pas à certains totems comme le dispositif Parcoursup ou la réforme du baccalauréat, l’historien promet tout de même davantage de conseils et de “tournants” sur le “bien-être scolaire”, l’écologie des programmes, ou la lutte contre les inégalités. Bref, explique-t-il, comme point de départ de son action, « l’école française rate tout (…) elle s’en sort très mal avec les enfants défavorisés. Cette situation n’est pas acceptable. »

Quel salaire pour les enseignants ?

Première confirmation : le salaire des enseignants débutants sera sensiblement augmenté, comme Emmanuel Macron l’a promis lors de son premier quinquennat, pour atteindre 2 000 euros nets par mois. Une mesure très attendue du monde de l’éducation pour rendre plus attractif un métier qui peine à embaucher, comme en témoigne l’affaire du recrutement des “rencontres rapides” à l’académie de Versailles.

Actuellement, un enseignant stagiaire en début de carrière parie en moyenne environ 1 500 euros, un propriétaire en gagne environ 1 800. « L’augmentation de rémunération sera composée de deux parties. La première sera inconditionnelle et s’appliquera à tous les enseignants. Cela implique de relever le salaire de départ des jeunes à plus de 2.000 euros nets », a précisé Pap Ndiaye, fixant cette augmentation pour 2023.

Il reste encore quelques zones d’ombre sur l’épineuse question des salaires. Le nouveau ministre de l’Éducation nationale ne parle pas des enseignants en milieu de carrière, qui sont également mal payés selon les normes de l’OCDE. Il ne donne pas plus de détails sur les contours de son futur système de primes pour les enseignants les plus engagés, un procédé qui irrite les syndicats.

Pap Ndiaye a expliqué au Parisien que la “part salariale” serait “conditionnée à de nouvelles tâches”, en plus de l’augmentation annoncée. Il est clair qu’« il s’agit de mieux rémunérer les enseignants et d’ajouter une prime pour ceux qui veulent aller plus loin ». Comprenez : travaillez plus fort.

Parcoursup, les maths au lycée, le bien-être à l’école

Dans une interview, le ministre a promis un enseignant “devant chaque classe à la rentrée”. Bien qu’il souhaite moins de “verticalité” que son prédécesseur et demande à l’école de réduire encore les inégalités scolaires, Pap Ndiaye revendique une certaine continuité avec son prédécesseur. Il a par exemple annoncé qu’il ne reviendrait pas à Parcoursup, la plateforme d’orientation et de réforme du lycée détestée du lycée.

Avec le retour facultatif pour le moment d’au moins 1h30 de maths pour tous dans le tronc commun du premier, l’historien de l’apprentissage doit rendre ce volume horaire “obligatoire en 2023”. “C’est l’hypothèse la plus probable”, explique-t-il.

Le nouveau chef de rue de Grenelle assure aussi vouloir, par exemple, verdir l’école, les bâtiments et les programmes et insister sur “le bien-être des élèves et du personnel”.

Le ministre a également déchaîné des coups à l’extrême droite, qui l’a beaucoup critiqué depuis sa nomination. Pour lui, « il ne peut y avoir de compromis » avec le parti de Marin Le Pen, telle est sa « boussole politique » : « Le rassemblement national a une longue histoire, profondément ancrée dans l’antirépublicanisme. Pas parce que le Front national parle de république, il est républicain. »

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