Après le choc de l’agression, place à la contemplation. A Nice, les fidèles de l’église Saint-Pierre d’Arène sont invités à se retrouver ce lundi soir. Après l’attaque à l’arme blanche qui a fait deux blessés dimanche matin dans l’édifice religieux, la paroisse a annoncé qu’une liturgie serait célébrée à partir de 18 heures. Il est ouvert à “toutes les personnes de bonne volonté” qui sont “invitées à venir prier”.
Dans le même temps, l’enquête, menée par le parquet de Nice, se poursuit. Mais dans quelles conditions, lorsque l’agresseur présumé, au profil psychologique fragile, est automatiquement hospitalisé ? Bilan de 20 minutes.
Qu’est-il arrivé ?
Tout a basculé vers 10 heures dimanche matin. Alors que la liturgie va commencer, un homme entre dans l’église de la rue de la Buffa, armé d’un couteau. Il a sauté sur le père Krzysztof Rudzinski, un prêtre polonais qui y vivait depuis dix ans, et l’a poignardé plusieurs fois à la poitrine et aux jambes. Une religieuse, la sœur de Marie-Claude, intervient, elle est blessée au bras mais parvient à désarmer l’agresseur. Plusieurs fidèles interviennent pour le contrôler. Il a été rapidement arrêté sur place après avoir tenté de s’enfuir et de revenir. Les victimes ont été transportées consciemment à l’hôpital. Leurs jours ne sont pas en danger.
Qui est l’agresseur présumé ?
De nationalité française, cet homme de 31 ans prénommé Kevin est né à Fréjus. Lorsqu’il vivait à Nice, il fréquentait régulièrement cette église, où son état psychologique fragile était connu. Il est “manifestement bipolaire”, selon une source policière. “Il y avait des jours où il était bruyant, gentil, joyeux, quand il embrassait tout le monde. Et d’autres jours où c’était moins”, a expliqué l’abbé Gil Florini, curé de la paroisse. Depuis dimanche, le préfet des Alpes-Maritimes a dressé le portrait d’un homme “déséquilibré” qui a déjà “effectué plusieurs séjours en hôpital psychiatrique”. “Pas dans le dossier” selon les autorités, il est aussi “inconnu de la justice” selon le procureur de Nice, qui ne veut pas confirmer “à ce stade” son “identité complète”.
Quelles sont ses motivations ?
Dimanche, le procureur Xavier Bonom a expliqué que “les motifs d’agir” sont “jusqu’à présent et difficiles à établir pour le moment”. Le discours de l’agresseur présumé est vague, mais la thèse du terrorisme est rapidement rejetée. Devant les policiers qui l’ont interpellé, « il a déclaré spontanément qu’il était de confession juive et qu’en ce jour d’élection [dimanche]il a voulu tuer Macron et est finalement retourné à l’église », a expliqué une source proche de l’enquête.
Où est l’enquête ?
Le parquet national antiterroriste ne s’est pas saisi du dossier, et l’enquête confiée à la PJ de Nice reste sous la direction du parquet de proximité. Si “continue normalement” ce lundi, a indiqué le procureur Xavier Bonom, sans plus de précisions, cela se fait pour l’instant sans entendre le suspect. Dimanche soir, son interpellation policière a en effet été levée après son hospitalisation d’office dans un service psychiatrique. “Nous continuerons à l’entendre lorsqu’il sera annulé”, a ajouté le magistrat. En attendant, la ville de Nice a décidé d’intensifier ses patrouilles [de sa police municipale] devant des lieux de culte à partir de dimanche », a expliqué un porte-parole 20 minutes plus tard.
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