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Législatif. C’est pourquoi des négociations ont également lieu dans le camp d’Emmanuel Macron

Mains tendues, accords et négociations… Les négociations gauche et droite se poursuivent jour après jour, avec l’ambition d’être la force politique la plus puissante dans chaque camp pour les élections des 12 et 19 juin 2022. Mais autour d’Emanuel Macron, l’enjeu est pour garder le plus la grande majorité occupe aussi l’esprit des gens. Car sans un grand nombre de députés élus à l’Assemblée, le président réélu sait qu’il ne pourra pas mener ses réformes comme bon lui semble.

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Si la majorité présidentielle semble unie, en coulisses, les deux camps entendent jouer dans les rapports de force pour pouvoir renforcer leur pouvoir politique. Alors La République en Marche, le MoDem de François Bayrou, Horizons d’Edouard Philippe, Agir dirigé par Frank Riester ou encore le petit dernier, Refondation Républicaine, lancé la semaine dernière par Jean-Pierre Chevenment, doivent accorder leurs violons pour que chacun trouve sa partition dans le pointage. Et, bien sûr, Emmanuel Macron se présente comme le chef d’orchestre de ces négociations.

Alors que sait-on des négociations internes pour la majorité, où en sont-elles et quels sont les éléments qui pourraient coincer ? Nous faisons le point.

Délai et critères de sélection incertains

A moins d’un mois et demi du vote, il reste des questions à régler parmi les partisans d’Emmanuel Macron. Qui pourra se représenter dans les 577 circonscriptions qui composent le pays, et donc combien représentera chacune des formations qui composent la majorité ? En ce moment, tout le monde attend, car même en ce qui concerne le calendrier, il y a de l’incertitude.

Un autre haut responsable, proche d’Emmanuel Macron, a déclaré dans les colonnes de Libération que le choix ne serait pas en faveur d’un “équilibre politique intérieur dans la maison commune” mais en faveur de la “victoire” des candidats les uns sur les autres. . Le directeur exécutif du MoDem a indiqué à franceinfo qu’entre 310 et 320 députés qui soutiennent le président de la république seront prêts à rejoindre les 346 qui y siègent actuellement. Pour déterminer s’ils peuvent se représenter, les critères seront leur loyauté et la situation politique dans leur circonscription.

Enfin, les candidats seront-ils annoncés en une seule fois ou en série ? “Cela se décidera cette semaine”, a déclaré à franceinfo un conseiller du gouvernement, évoquant un délai de “deux semaines”. Seule certitude : la liste définitive des candidats à ce que beaucoup considèrent comme un “troisième tour” de l’élection présidentielle doit être présentée entre le lundi 16 mai et le vendredi 20 mai 2022, au plus tard à 18 heures.

A une majorité fragmentée ?

Mais sous quelle forme seront présentés les différents candidats associés à la majorité présidentielle ? Car désormais pas moins de six formations politiques se battent. Seront-ils tous intégrés au groupe La République en marche (LREM) pour “plus de clarté” ou resteront-ils indépendants ? “Je ne suis pas favorable [un morcellement] par la majorité », a déclaré Stanislas Gerini, interrogé par Libération. Ce soutien précoce d’Emmanuel Macron et le patron de LREM estime qu’il sera alors difficile de “gérer une majorité de quatre ou cinq groupes”.

En ce sens pourtant, l’ancien Premier ministre Edouard Philippe a lancé son mouvement baptisé Horizons en octobre 2021. L’objectif affiché de l’ancien élu de droite est de “participer à la constitution d’une nouvelle proposition politique” et de préparer l’après Macron.

On est donc loin du gigantesque appel à candidatures lancé par Emmanuel Macron en 2017 pour désigner les candidats de son mouvement alors naissant. Désormais, il faut compter avec les candidats sortants, qui sont 264 à LREM, 57 au MoDem et 222 à Agir.

La tension monte avec Horizons, le parti d’Edouard Philippe

Et la majorité doit jouer avec les nouveaux venus. La coopération avec celui qui a supplanté Jean Castex à la tête du gouvernement semble s’être tendue au fil des jours. Car les ambitions de son mouvement concernent près de 100 circonscriptions.

En attendant, entre LREM et Horizons “il n’y a même pas de discussion”, a déclaré à BFM TV Arno Pericar, l’un des orateurs régionaux du parti d’Edouard Philippe. L’ambition du nouveau parti est avant tout de gagner au moins 15 députés. C’est une condition nécessaire pour constituer son propre groupe à l’Assemblée et utiliser les fonds publics.

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Du côté de l’entourage d’Emmanuel Macron, “beaucoup ne veulent pas voir Edouard Philippe trop vite, trop haut”, a confié un député LREM à 20 Minutes. Le ministre a également déclaré que “la conversation ne peut pas s’engager si Philippe touche à la majorité présidentielle sortante”, dans le Journal du Dimanche. “Il n’a pas à jouer de gros canons”, a-t-il déclaré. “Les partenaires doivent apporter quelque chose de plus et donc aller dans les circonscriptions de la conquête”, a déclaré dimanche à l’hebdomadaire le ministre.

Et les tensions prendraient un nouveau cours lors du post politique du mardi 26 avril. Selon plusieurs intervenants de l’AFP, Edouard Philippe a déclaré : “Je ne suis jamais lié par un marché que je n’ai pas passé. Autrement dit, si elle n’est pas amorcée, une consultation sera nécessaire pour s’assurer de l’appui d’Horizons. Si, en revanche, le parti est écarté, cela implique qu’il pourrait désigner des candidats, y compris dans les circonscriptions respectives, par accord entre la majorité et les législateurs républicains.

Et les autres?

Car si les républicains assurent qu’ils resteront “indépendants” pour les législatives, certains pourraient être tentés de frapper à la porte de la majorité présidentielle pour espérer trouver une place pour voter dans l’organigramme politique. Dans ce cas, ce sera “au cas par cas”, assure encore l’intime d’Emmanuel Macron, interrogé par Libération. Et selon L’Express, près de 80 députés LR seront concernés par les pourparlers avec la majorité présidentielle.

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Lancée mercredi 27 avril par l’ancien ministre Jean-Pierre Chevenment, la Fondation républicaine voudrait également investir “une dizaine de candidats” aux législatives avec la volonté de rejoindre le “drapeau commun” autour du président réélu et de jouer un rôle là-dedans. . leadership “.

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