France

les syndicats de police sont divisés

Lors de la manifestation parisienne du 2 mai 2022 contre l’accusation de “meurtre avec préméditation” d’un policier qui a tué deux personnes lors d’un contrôle du Pont-Neuf, à Paris, le 24 avril 2022. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

« Être condamné ou tué ? » La question, sur fond noir, occupait toute la largeur d’un drapeau tendu entre deux piliers de la place Saint-Michel, à quelques pas de l’ancien palais de justice de Paris. A la demande de l’Alliance, plusieurs centaines de policiers ont manifesté lundi 2 mai contre les accusations de “meurtre avec préméditation” d’un collègue de la compagnie de sécurité de la ville, une unité de la préfecture de police. Dans la nuit du 24 au 25 avril, ce jeune policier de 24 ans a tiré sur un véhicule après avoir refusé d’obtempérer, tuant le chauffeur, un passager et en blessant grièvement un autre.

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Fabien Wanchemelrik, secrétaire général de l’Alliance-Alliance police nationale, s’en est pris avec véhémence à la décision des magistrats : “Le problème de la police reste la justice”, a-t-il dit, reprenant ses déclarations contradictoires du 19 mai 2021, lorsque les syndicats de police organisaient une manifestation à l’extérieur du Palais Bourbon, où a été examiné le projet de loi “confiance en la justice” du garde des sceaux Eric Dupont-Moretti. “La légitime défense et la présomption de légitime défense : c’est ce que nous réclamons depuis plus de dix ans face à une société ultra-violente”, a-t-il ajouté, entouré de représentants de l’UNSA-Police et de Synergie, les agents ‘ syndicat.

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Les syndicats de magistrats ont rapidement réagi à ces propos : « Appeler à manifester contre une décision de justice est particulièrement nocif et dangereux dans une démocratie. Cela ne sert que les intérêts du parti », a déploré le Syndicat des magistrats, tandis que le Syndicat de la magistrature s’interrogeait : « Que signifie la ‘présomption de légitime défense’ énoncée par certains syndicats de police ? Sous quel régime politique les policiers peuvent-ils blesser ou tuer et bénéficier d’une présomption qui les dispense de toute explication ? »

Positions “un peu radicales”

Loin des problèmes judiciaires, le rassemblement de lundi s’échauffait avant tout en vue des élections professionnelles de décembre, sur fond de profondes divisions syndicales entre l’Alliance et l’Unité SGP Police-FO. Un “memo vocal” enregistré par Joan Maras, responsable de l’Alliance en Ile de France, a été largement diffusé vendredi soir et distribué à un groupe de membres. “La campagne électorale, elle vient de commencer, en fait (…) La montée et notre positionnement [vont] être prise désormais », a expliqué le dirigeant syndical dans un communiqué de près de cinq minutes, qui devrait rester confidentiel. Adoptant une position “un peu radicale”, M. Maras n’épargne pas les “fesses” d’Unité, un “syndicat hésitant” qu’il faut “démanteler”.

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