France

“Le plus dur est à venir” sur le plan économique

Nuages ​​sombres à l’horizon. Le ministre de l’Economie Bruno Le Mer a souligné ce jeudi 5 mai que le pays “fait face à d’importantes difficultés économiques”, estimant que “le plus dur est devant nous”. Il cite plusieurs raisons à cela : « Il y a une guerre en Ukraine, une hausse des prix des matières premières, une nouvelle inflation, qui est le premier objet de préoccupation économique », a expliqué le ministre.

La croissance française a stagné au premier trimestre 2022, selon les données de l’INSEE publiées la semaine dernière. Le PIB a stagné entre janvier et mars après + 0,8 % au dernier trimestre 2021 et + 3 % au troisième trimestre 2021. L’Institut de la statistique a nettement révisé ses prévisions trimestrielles par rapport à février (-0,3 point).

PIB à 0% : l’économie française a stagné au premier trimestre sur fond d’inflation et de guerre en Ukraine

“Le PIB s’est arrêté au premier trimestre 2022 (0,0% en rythme trimestriel). Elle porte l’empreinte de deux chocs exogènes – le Covid avec Omicron en janvier, puis la guerre en Ukraine, qui a dopé l’inflation – qui conjuguent des baisses importantes de la consommation des ménages », a déclaré sur Twitter le chef de situation de l’Insee Julien Pugge.

Le déclenchement de la guerre aux portes de l’Union européenne a considérablement assombri les perspectives économiques. Le Fonds monétaire international (FMI) table désormais sur une croissance du PIB de 2,9% en 2022 contre 3,5% en janvier.

En conséquence, la France se trouvera désormais, selon plusieurs économistes, dans un scénario à risque de « stagflation » (inflation élevée et croissance lente). A l’inverse, d’autres estiment qu’à ce stade, compte tenu de l’excédent de croissance prévu pour 2022 (2,4% selon l’Insee), cette hypothèse de stagflation n’est pas encore confirmée.

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Inflation record depuis les années 1980

L’indice des prix à la consommation a augmenté de 4,8% en avril contre 4,5% en mars, selon des données encore provisoires de l’INSEE. Et cela est principalement dû à l’énergie, bien que dans une moindre mesure que dans les premiers mois de l’année. “Le principal apport reste celui de l’énergie, mais il diminue un peu. Au contraire, la contribution de l’alimentation, des biens industriels et des services augmente », a ajouté Julien Puget.

Alors que 2021 a été principalement marquée par la hausse des prix de l’énergie après une chute spectaculaire de la croissance en 2020, la donne a complètement changé. “Le fait que les taux d’inflation des services, de l’alimentation et des biens industriels augmentent et dépassent l’objectif de la BCE illustre les pressions inflationnistes croissantes”, a déclaré l’économiste d’ING Charlotte de Montpellier dans une note.

Portée par les frictions entre l’offre et la demande en 2021 dans le contexte de la reprise, l’inflation a continué de fortement accélérer au premier trimestre dans le contexte de la guerre en Ukraine. L’invasion de la Russie a provoqué un grave choc sur les marchés de l’énergie du Vieux Continent, obligeant les pays européens à trouver des solutions pour le gaz et le pétrole russes.

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Croissance européenne lente

Ce contexte de croissance lente et de hausse des prix n’est pas propre à la France, mais commun à toute l’Europe. La forte dépendance des grandes économies vis-à-vis de l’énergie russe pèse en effet lourdement sur l’activité de l’ensemble du continent. Comme le rappelait ce jeudi 5 mai Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE : « La croissance du PIB a ralenti en Espagne (ndlr : au premier trimestre 2022), s’est arrêtée en France et s’est contractée en Italie », tandis qu’en Allemagne, la croissance la dynamique est faible et faible depuis la fin février, lorsque tout a changé.”Les principales économies souffrent des effets du conflit en Ukraine”, a-t-il déclaré.

Et les perspectives d’avenir sont loin d’être prometteuses. “Le PIB de la zone euro devrait se contracter au deuxième trimestre alors que les effets de la guerre en Ukraine et la hausse des prix de l’énergie pèsent de plus en plus sur les revenus des ménages et la confiance des consommateurs, tout en rendant la vie difficile aux industriels”, estime Andrew Kenningham, expert chez Capital Economics. , La semaine dernière.

Le FMI parie sur une prévision de croissance de la zone euro de 2,8% en 2022, contre 3,9% attendus jusqu’à présent. La Commission européenne doit publier ses propres chiffres le 16 mai.

La guerre de la Russie en Ukraine secoue l’économie européenne, selon le FMI

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ZOOM : BRUNO MAYOR NE SE PRÉSENTERA PAS AUX ÉVÉNEMENTS LÉGISLATIFS

Ce jeudi 5 mai, le ministre de l’Economie a également annoncé sa décision de ne pas se présenter aux élections législatives dans la 1ère circonscription de l’Eure. “Je ne briguerai plus un siège de député de l’Eure. J’ai toujours dit que je ne ferai pas plus de trois mandats. Je tiens mes promesses », a déclaré Bruno Le Mer, confirmant toutefois que « sa vie politique continue ».

“Je reste profondément impliqué dans la vie publique et politique française. “C’est plus qu’un engagement, c’est ma vocation”, a-t-il déclaré. Il estime que la circonscription “n’est ni un droit ni une rente : elle impose des obligations, notamment en laissant la place à des personnalités nouvelles ou différentes”.

Bruno Le Mer, 53 ans, a été élu pour la première fois dans la 1ère circonscription de l’Eure en 2007 sous l’étiquette UMP. Réélu en 2012, il a conservé la circonscription en 2017 sous le drapeau LREM.

Quant à son avenir, l’actuel ministre de l’Economie a dit vouloir “être à la place décidée par le président de la république” et “participer à la réussite de ce quinquennat”. La nomination du nouveau gouvernement n’est pas prévue avant minuit le 13 mai, date limite du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Le second débutera le 14 mai. “Le gouvernement de Castex ira jusqu’au bout” à cette date, a confirmé mercredi le porte-parole Gabriel Atal, annonçant les propos du chef de l’Etat lors du Conseil des ministres.

Le gouvernement Castex “restera en place” jusqu’au 13 mai au moins (Attal)

(Avec AFP)

latribune.fr

05 mai 2022, 16:45