France

L’expulsion de 34 diplomates français de Russie, symbole du désespoir dans le dialogue entre Poutine et Macron

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse à Moscou le 8 février 2022. SERGEY GUEEV / AFP

La réponse était attendue. Cela n’a pris qu’un peu plus de temps que d’habitude, signe peut-être d’un certain surmenage de la diplomatie russe dans le cadre de “l’opération spéciale” en Ukraine. Mercredi 18 mai, Moscou a annoncé l’expulsion de dizaines de diplomates européens en poste en Russie en représailles, un mois et demi plus tôt, aux diplomates russes des capitales européennes.

Convoqués successivement place Smolensk, siège du ministère des Affaires étrangères à Moscou, les ambassadeurs de France, d’Espagne et d’Italie sont informés de ces expulsions : 34 pour la France, 27 pour l’Espagne, 24 pour l’Italie. A chaque fois, ces chiffres sont légèrement inférieurs à ceux des Russes expulsés début avril. A l’époque, dans le cadre d’une “approche européenne”, Paris exigeait le départ de 41 diplomates russes accusés d’espionnage.

Mercredi, le Quai d’Orsay a protesté contre l’expulsion « sans motif légitime » de ses propres diplomates, soulignant la différence de motivation entre les mesures : « Convention sur les relations diplomatiques et consulaires », souligne la diplomatie française. Rome a aussi provoqué, par la voix du président du Conseil Mario Draghi, un « acte hostile ». Une formule que les dirigeants français se gardent bien d’utiliser.

Pour sa part, Moscou a condamné la “décision provocatrice et injustifiée des autorités françaises” d’expulser des diplomates russes, avertissant que cette décision “cause de graves dommages aux relations russo-françaises, ainsi qu’à une coopération bilatérale constructive”.

Le service économique le plus touché

De nombreux autres pays européens, comme l’Allemagne, la Slovénie, l’Autriche, la Pologne, la Grèce ou la Croatie, ont expulsé en masse des diplomates russes depuis le début de l’offensive en Ukraine le 24 février – accompagnés d’expulsions, dans certains cas, d’allégations d’espionnage.

Au total, ces décisions concertées au sein de l’Union européenne et avec Washington ont touché plus de 300 personnes. Moscou a promis de répondre à chacune de ces mesures, et des dizaines de diplomates occidentaux ont déjà été expulsés de Russie.

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Le travail de l’ambassade de France à Moscou risque d’en être affecté, même si les diplomates disent avoir eu le temps de se préparer à la décision. La mesure, annoncée à l’ambassadeur Pierre Lévy, concerne environ un tiers du personnel diplomatique de Moscou. Les personnes concernées ont quinze jours pour quitter la Russie. Une deuxième vague pourrait survenir un peu plus tard.

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